Samedi 31 janvier 2009

Pontificia Accademia Ecclesiastica 1710 (Vatican).

Le Castel Sant’Angelo
Le Castel Sant’Angelo, sur la rive droite du Tibre, face au pont Saint-Ange, non loin du Vatican, est une rotonde massive en travertin recouvert de marbre, sur une solide base carrée, surmontée d'un quadrige de bronze mené par l'empereur Hadrien. Construit en 135 pour servir de mausolée à sa lignée, ses cendres, celles de sa femme et de son fils adoptif, y sont entreposées dans la Salle du Trésor, une chambre profonde.

HADRIEN (76-138)
D'une famille italienne émigrée en Espagne, orphelin à 12 ans, il est recueilli à Rome, juge à 19 ans, courageux et d’une grande endurance physique commandant de l’'armée à 20, Gouverneur à 31, Conseiller privé à 35, et en 117 Empereur à la mort de Trajan, cousin éloigné qui l’avait adopté.
Il renonce aux conquêtes, réorganise l’armée, les institutions juridiques et financières, le pouvoir central, mène une nouvelle politique agricole.
Très intelligent et instruit, d’une mémoire prodigieuse, très fin d’esprit et passionné d’architecture, art grec, il fait construire le Panthéon et encourage les arts et lettres.

Nombreux voyages à travers tout l’Empire.
Il meurt dans d’horribles souffrances, les cœur et poumons lui provoquant de terribles crises d’étouffement, après un suicide raté et le refus de ses amis de mettre fin à ses jours.

Très vite, le bâtiment est détourné de ses fins funéraires pour devenir militaire, intégré en 403 à la muraille aurélienne comme bastion avancé, puis après l’attaque des Goths, inclus en 547 dans une structure fortifiée protégeant la rive droite. Le quartier prend le nom de Borgo.
En 590, Grégoire Ier a une vision de l’archange Michel sur les créneaux, lui annonçant la fin de l’épidémie de peste. D'où le nom et la statue de Saint Michel terrassant le démon qui coiffe l'ouvrage.
Après le pillage par les Sarrasins de la basilique Saint-Pierre, Léon IV (847) relie le Borgo dévasté par une muraille, formant la "cité léonine".
Le château est ensuite transformé en prison (dont personne ne s'échappa), où quatre Papes du IXe siècle meurent.
Les papes de la Renaissance en font leur refuge en cas d'attaque, ajoutant bastions et appartements privés. En 1277, Nicolas III bâtit un couloir suspendu reliant le château au Vatican, le passeto, offrant ainsi une possibilité de fuite rapide.

Quand Urbain V (1362) quitte Avignon pour rentrer à Rome, il se fait remettre non les clefs du château qui reprend le rôle de forteresse protégeant le Vatican.
En 1389, Boniface IX restaure le château à demi en ruines, y fait percer une large rampe hélicoïdale à sens unique de 125 mètres le long permettant le transport de vivres et munitions. Des meurtrières sont creusées. Des logements sont aménagés pour le Pape.
En 1527, le Pape Clément VII s’y réfugie lors du Sac de Rome, et Giordano Bruno y est emprisonné sept ans.

Giordano BRUNO (1548 près de Naples - 1600 Rome) (Filippo Bruno)
Philosophe, théologien, prêtre italien de la Renaissance, il acquiert une connaissance approfondie de la mnémotechnique à 14 ans, du latin, Aristote, Saint Thomas d'Aquin, Platon, Érasme, de la métaphysique, la cosmologie, et s'initie à l'ésotérisme, l'astrologie, et la cabale.
Il entre en 1565 chez les Frères prêcheurs du prestigieux couvent dominicain San Domenico Maggiore, vit selon la devise verba et exempla (par le verbe et l'exemple) et est ordonné prêtre en 1573.
Il proclame l'existence d'un Dieu unique se manifestant dans la nature hors de toute religion révélée, Dieu est la substance et la vie de toutes choses (natura naturans), l'univers un animal infini dont Dieu est l'âme, reflet d'une divinité unique dirigeant toute chose, univers vivant où tout, de l’animal au minéral, possède une âme.
"l’Univers est infini, peuplé d’une multiplicité de mondes analogues au nôtre"
Il affirme que la sphère des étoiles fixes n’existe pas, mais qu’elles sont des soleils !
Accusé d'hérésie, il fuit en 1576, menant une vie errante à travers l’Europe (Italie, Chambéry 1578, Genève 1580, Lyon, Toulouse, enseigne au Collège de France à Paris, Angleterre 1583, Allemagne 1587)
Revenu en Italie, trahi, il est dénoncé au Saint-Office en 1592, blanchi à Venise mais transféré et incarcéré au château Saint-Ange.
Chefs d’accusation : repousse les images saintes, le dogme de la Trinité, la virginité de Marie, pratique l’art divinatoire, croix en la métempsycose, affirme que Jésus n'est pas Dieu, mais un magicien exceptionnellement habile, que l'Esprit Saint est l'âme du monde, et qu'il faudra aussi que le Diable fût sauvé le jour du Jugement dernier...
"Le roi Henri III me fit appeler un jour, et me demanda si cette mémoire que je possédais et que j’enseignais était une mémoire naturelle ou si elle était obtenue par la magie, je lui démontrais qu’elle n’était pas obtenue par la magie mais par la science".
"Je ne recule point devant le trépas et mon cœur ne se soumettra à nul mortel."
"Je ne crains rien et je ne rétracte rien, il n'y a rien à rétracter et je ne sais pas ce que j'aurais à rétracter."
Condamné au bûcher :
"Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à l'accepter."
Nu avec un mors l'empêchant de parler il est brûlé vif, refusant le crucifix qu’on lui tend, sur le Campo Dei Fiori, où en 1889, les franc-maçons italiens lui érigent une statue.
Une loge créée en 1985, de l'obédience du Grand-Orient, porte son nom.
Bruno est un pionnier en astronomie, physique, philosophie.

Bibliographie non exhaustive :
Candelaio (1582) (Le Chandelier), comédie satirique

Della causa, principio e uno (1584) (La cause, le principe et l’un)

Dell'infinito, universo e mondi (1584) (De l’infini, l'univers et les mondes)
Dans ces ouvrages il expose une vision cosmographique audacieuse et révolutionnaire dépassant les thèses coperniciennes.

Spaccio de la bestia trionfante (1584) (L’expulsion de la bête triomphante) s'attaque aux attitudes calvinistes et catholiques.
Cabala del cavallo Pegaseo (La cabale du cheval Pégase), opuscule satirique, démolissant la référence aristotélicienne.

De gli eroici furori (1585) (Les fureurs héroïques) élimine l’idée d’un monde centré, en présentant un univers où Dieu n’a plus de lieu.

De innumerabilibus, immenso, et infigurabili (1591) réexamine sa cosmographie.

De monade numero et figura (1591), réflexion sur le rapport entre nombres et figures géométriques. De triplici minimo et mensura, sur l’infiniment petit, précurseur des études sur l’atome.

De imaginum, signorum et idearum compositione (De la composition des images, des signes et des idées), qui introduit un prodigieux système mnémotechnique.

On pénètre dans le château par sa seule entrée, au bout du pont Saint Ange à trois arches orné de statues, et on accède à la rampe.

Impressionnant par ses forme circulaire, escaliers chausse trappe, cours suspendues, raffinement extrême des appartements papaux, fresques, salle de bains, cours de théâtre décorée de fresques sépia, cellules, oubliettes, salles d'armes, et superbe vue du haut de la terrasse de l'Ange, Rome et ses alentours à 360 ° .

UN ARCHEOLOGUE DU XVIIe SIECLE.
Urbino se rappelle son grand humaniste et archéologue Raffaele Fabretti mort il y a 300 ans (2000). Dans sa maison natale aura lieu une inauguration de ses écrits conservés à la bibliothèque de l'Université d'Etudes, et à l'Académie de Raffaello une exposition de la médaille commémorative exécutée par le sculpteur Antonio Fontanoni. À Pian del Monte, dans le jardin public, sera dévoilé le buste en bronze de l'archéologue. Enfin, dans la salle didactique de la Galerie Nationale des Marches, contiguë à la cour d'honneur du Palais Ducal, Angela Donati, du Département d'Histoire Antique de l'Université de Bologne, illustrera la figure du chercheur mort en 1700.

Antiquaire, collectionneur, érudit et écrivain d'épigraphes, Raffaello Fabretti est universellement reconnu prince studieux de l’antiquité romaine. Né en 1620 de noble famille urbinate, il cultive son intérêt pour l'archéologie et les épigraphes de Rome, là où il a la charge de diriger les fouilles des nécropoles de Rome et des environs. Il constitue une des plus vastes collections existantes d'inscriptions de monuments (épigraphes, bas-reliefs) vers 1690 dans son habitation principale d'Urbino et sa maison de campagne de Fontesecca, 4676 pièces objet de minutieuses descriptions dans un volume illustré qu’il publie à la fin du XVIIe siècle.

Cette collection constitua le noyau essentiel de la récolte d'inscriptions antiques exposées en 1756 par le Cardinal Legato Giovan Francesco Stoppani au Palais Ducal où elle peut encore être vue aujourd'hui dans le Musée Archéologique.
Museo archeologico di Urbino. Storia e presentazione delle Collezioni Fabretti e Stoppani, 1986

 

Il est conseiller culturel de trois papes, inspirateur de la fondation du mouvement littéraire de l'Arcadia, au secrétariat de laquelle il appelle son jeune protégé, Giovanni Mario Crescimbeni (1663-1728), littérateur italien, né à Macerata (Ancône) auxquel nous devons la biographie des Fabretti qu’il publia en 1708, utilisant une précédente oeuvre de l'Abbé urbinate Domenico Riviera.

Fondée en 1690, la Société Arcadienne, première académie italienne à admettre des femmes, était principalement consacrée à la réforme de la littérature italienne, par un rejet des vanités baroques en faveur d’un langage clair de forme simple.

Il fréquente le cercle de la Reine Christine de Suède.

CHRISTINE DE SUEDE (Kristina Vasa), (1626 Stockholm - 1689 Rome), reine de 1632 à 54, élevée comme un garçon, devient à six ans "la reine Christine" à la mort de son père.

Elle met fin à certains conflits. La paix de Westphalie, signée en 1648, fait de la Suède la première puissance nordique. Couronnée en 1650, elle renonce à son trône en 54, abdique en faveur de son cousin Charles Gustave, et quitte sa Suède natale le jour du couronnement.

Habillée en homme, avec une suite réduite de douze personnes, elle traverse l'Allemagne, la Hollande protestantes, parvient aux Pays-Bas espagnols -premier pays catholique de son itinéraire- où elle est reçue par l'archiduc Léopold. Son séjour de onze mois à Anvers et Bruxelles lui vaut une réputation de lesbienne libertine scandaleuse.

Elle arrive à Rome en novembre 1655, où le nouveau Pape Alexandre VII lui déroule le tapis rouge : le collège des cardinaux, à la porte de la ville, l'accompagne avec la noblesse romaine jusqu'à la basilique Saint-Pierre où elle se prosterne devant l'autel. Pour l'Eglise, la conversion d'un personnage aussi important représente une victoire sur l'hérésie protestante. Le jour de Noël, elle retourne à Saint-Pierre faire sa première communion qu'elle reçoit des mains du Pape qui l'invite à dîner -honneur extraordinaire pour une femme- avant qu'elle ne soit escortée en procession au Palais Farnèse, mis à disposition par le duc de Parme.
Comme elle refuse d'adopter les moeurs d'une catholique dévote, la curie prend ses distances.

Elle revendique le trône de Naples, fait alliance avec le duc de Guise et Mazarin qui voulait fonder une dynastie Bourbon servant de contrepoids à la puissance de l'Espagne.

Trahie par son écuyer Monaldeschi qui prévient les Espagnols, elle le fait assassiner par trois gardes dans la Galerie des Cerfs. Christine rentre en Italie, envisage un instant de revendiquer le trône de Pologne, et se fixe à Rome.

En 1674, elle y crée l'Accademia Reale équivalente à l'Académie française.

Protestante, elle se convertit au catholicisme après son abdication, mais se montre cependant émue du sort des protestants de France, subissant la politique de conversion forcée du pouvoir royal. D'esprit très ouvert, féministe avant l'heure, très cultivée et sportive pour l'époque, elle écrit des livres et discute avec de nombreux savants philosophes et artistes dont Blaise Pascal et René Descartes, parle plusieurs langues, suédois, allemand, italien, latin et français -langue de l'élite européenne de l'époque- fait venir en Suède nombre de personnalités.

Son mode de vie -opposée au mariage, maîtresse du comte Magnus de la Gardie- et sa liberté d'expression ne sont pas du goût des protestants luthériens.
Fréquentant les jésuites, tourmentée par le besoin de Dieu, elle devient très croyante et ascète comme Pascal.

Elle meurt en 1689 à Rome. Son corps repose au Vatican, dans la basilique Saint-Pierre (les Saintes-Grottes).

Blaise PASCAL (1623-1662) savant, penseur, écrivain français. Génie précoce, il écrit à onze ans une dissertation acoustique et assimile seul la géométrie euclidienne
Théorème de Pascal (1639), calcul des probabilités, calcul intégral, hydrostatique
1647 "Les sens sont seuls les principes et maîtres"

1654 Traité du triangle arithmétique - calcul des probabilités
Les Pensées

"Misère de l’homme sans Dieu. Félicité de l’homme avec Dieu".

René DESCARTES (1596 - Stockholm 1650) savant et philosophe français. Entre à 10 ans au collège des Jésuites de La Flèche où il apprend les mathématiques et prend connaissance des découvertes que Galilée fait grâce au perfectionnement de la lunette astronomique. Il passe une licence de Droit à Poitiers en 1616, puis voyage à travers l’Europe. Il a une révélation en Allemagne le 10 novembre 1619 : les lois de la nature sont d’essence mathématique
Dioptrique (lois d’optique : théorie mathématique de la lumière)
1636 Météores (explication de phénomènes naturels)
Géométrie (bases de la géométrie analytique : géométrie / algèbre - calcul infinitésimal)
- 1637 Discours de la méthode (principes de la pensée scientifique, ébauche d’une métaphysique)
"ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je la connusse évidemment être telle"
"diviser chacune des difficultés... En autant de parcelles qu’il se pourrait... Pour mieux les résoudre"
"conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples... Pour monter peu à peu jusqu’à la connaissance des plus compliqués"
"faire partout des dénombrements... Et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre"
1641 Méditations métaphysiques (le plus sûr moyen d’éprouver ses certitudes est d’essayer d’en douter)
"Cogito ergo sum" "Je pense donc je suis"
"Tout ce qui est est espace ou conscience"

1644 Principes de philosophie
- 1645 Traité des passions de l’âme
Parti à la Cour de Christine de Suède, il prend froid un jour d’hiver et meurt d’une pneumonie.

Sa maison de Borgo Pio devient un salon intellectuel européen, où les spécialistes de passage trouvent hospitalité et stimulations culturelles. Un de ses amis préférés, Adrien Auzout, est un mathématicien français avec lequel il fait de longues promenades discutant de mécanismes et mesures, une des passions intellectuelles de l'époque.

 

Adrien AUZOUT (Rouen 28 janvier 1622 - Rome 23 mai 1691), astronome et physicien.
Fils d’un clerc à la cour de Rouen, Adrien Auzout fréquente dans cette ville Blaise Pascal. En 1648, il entame une correspondance épistolaire avec Marin Mersenne, puis rejoint le cercle savant autour de Henri Louis Habert de Montmor. Il plaide, à la suite d’observations en 1664-65, en faveur de l'orbite elliptique ou parabolique de comètes, s’opposant à Johannes Hevelius. Il est un des membres fondateurs de l’Observatoire royal de_Paris. Acquis aux idées de Huygens, il travaille en 1667-68 avec Jean Picard à appliquer la lunette astronomique au quart de cercle et à construire le micromètre à fil mobile pour mesurer le diamètre apparent des petits objets et des corps célestes. Ils sont les premiers à mesurer avec exactitude le degré d'arc du méridien terrestre entre Sourdon, au sud d'Amiens, et Malvoisine, au sud de Paris.En 1666, il entre à l’Académie des Sciences mais la quitte en 1668 à la suite de sa vive critique de la traduction de Vitruve par Claude Perrault. Il part pour l’Italie où il passe les vingt dernières années de sa vie.
On a donné son nom au cratère d’Auzout sur la Lune.
Publications :
Lettre de M. Auzout du 17 juin à M. Petit, etc. (1665). À propos d'une fausse observation d'Hevelius sur la comète de 1665.
Lettre à M. l'abbé Charles sur le « Ragguaglio di due nuove osservationi, etc. », da Giuseppe Campani, avec des remarques où il est parlé des nouvelles découvertes dans Saturne et dans Jupiter et de plusieurs choses curieuses touchant les grandes lunetes (1665)
Manière exacte pour prendre le diamètre des planètes (1667)
Traité du Micromètre (1667)
Lettres sur les grandes lunettes

 

 

Les travaux de Raffaele

- Son interprétation de certains passages d’auteurs classiques l'implique dans une controverse avec Gronovius.

- L’Aqua Alexandrina , construit par Alexandre Severus, prend sa source dans les terres de Tusculum

à environ vingt deux kilomètres de Rome, entre Gabii et le Lac Regillus. De petite hauteur il était destiné pour les bains de Severus qui se trouvaient dans une des vallées de Rome (Fabretti).
- L’Aqua Septimiana, construit par Septimius Severus, était probablement une branche de l’Aqua Julia, faite par l’Empereur pour amener l’eau à ses bains (Fabretti)
- L’Aqua Algentia prenait sa source au M. Algidus par la Via Tusculana, 9000 passus de Rome, selon Fabretti. Son constructeur est inconnu.

Afin de résoudre les problèmes de salubrité et d'adduction, Rome n'ayant que le Tibre et des puits , on construisit des aqueducs pour amener de l'eau pure depuis les collines éloignées : conduites souterraines en pierre, conduites à l'air libre sur structures de maçonnerie ou arches, en terre cuite, plomb, bois ou cuir.

Les deux premiers aqueducs sont souterrains : l'Aqua Appia, 18 km, construit en 312 av. J.-C. par Appius Claudius Caecus, et l'Anio Vetus, 70 km, construit entre 272-269. Le troisième, l'Aqua Marcia, 144-140, utilisant des arcades, avait 100 kilomètres de long. L'Aqua Tepula est construit en 125, l'Aqua Julia en 33 , l'Aqua Virgo en 19 pour alimenter les thermes du Champ de Mars. Auguste construit l'Aqua Alsietina en 2 av. J.-C.. Les plus magnifiques sont l'Anio Novus en 52 av. J.-C., 95 km de long et jusqu'à 30m de haut, et l'Aqua Claudia en 47 construits par Claude. Ces deux aqueducs se réunissaient, à proximité de Rome, formant deux conduits superposés. L'Aqua Traiana construit par Trajan en 109, et l'Aqua Alexandrina construit par Sévère Alexandre en 226.

L'eau était propriété publique, entreposée dans des réservoirs (castella), et distribuée dans les fontaines publiques, thermes, et certaines habitations contre redevance ou location.

Montfaucon l'Antiquité Expliquée. Fabretti a composé un ouvrage très érudit sur les aqueducs de Rome.

- LA COLONNE TRAJANE
De Columna Traiani Syntagma. [triremes sur les colonnes trajans) (Rome 1683), et Inscriptionum Antiquarum Explicatio (Rome, 1699), jettent beaucoup de lumière sur l'antiquité romaine.
La colonne Trajane élevée par Trajan pour commémorer sa victoire sur les Daces.
Les reliefs qui la décorent sont une sorte de chronique illustrée et continue sur toute la colonne ; on y a sculpté des gros plans, des vues plongeantes et des vues d'ensemble. C'est une figuration du temps et de l'espace, une transmission d'un contenu moral et politique qui insiste sur l'humanité des vainqueurs.

Son interprétation d'un bas-relief représentant la guerre et la prise de Troie, connu sous le nom de Table Iliaque est maintenant au Musée du Capitole à Rome.
Table iliaque, bas-relief de 10 x 10 x 2.5 cm en marbre jaune à grain fin du 1er siècle après J.-C., découvert au XVIIe siècle dans les ruines d'un temple de la voie Appienne, appelé ainsi parce qu'elle reproduit les hauts faits d'Achille devant Troie (Ilion).

- LES CATACOMBES DE ROME
Il assume la charge de diriger aux creusements des catacombes et de la zone autour de l'Appia Antica où il aime se promener avec son cheval derrière la Villa des Quintili -d’où le surnom de "Marco Polo" donné par ses amis, d'après le célèbre voyageur vénitien. Il se dédie à la recherche, avec de nombreuses découvertes, et forme de nombreux élèves qui fondent après sa mort les premiers cours d'archéologie de la nouvelle Sapienza Università di Roma.

L’APPIA ANTICA
La plus célèbre route romaine (via Appia, via Appienne) relie Rome à Brindisi, le plus important port de commerce avec la Grèce et l'Orient.
Commencée en 312 av JC par le consul Appio Claudio afin de relier Rome aux provinces méridionales, rapprocher la capitale de l'Empire de l'Afrique et l'Orient, d'une largeur d'environ 4m, pavée de blocs basaltiques, elle était jalonnée tous les 10 km, dans certaines portions, de postes pour changer les chevaux et de lieux de restauration-repos pour les voyageurs. Construite à partir d'une voie existante, elle reliait Capoue, puis fut prolongée jusqu'à Bénévent en 190, et Brendisi au prix de travaux "romains" : ponts, canaux, jetées...
Elle devient rapidement une voie sacré, consacrée au culte des défunts,

Les premiers cimetières chrétiens y sont établis à la fin du 1er siècle : Catacombes de San Callisto au IIe siècle, et San Sebastiano.

LA VILLA DES QUINTILI
Elle présente les ruines d’une ancienne propriété d’une riche famille romaine, les frères Quintilii, consuls en 151, figures de l'aristocratie sénatoriale et soutiens de l'Empereur Marc Aurèle, mis à mort en 182 par Commode qui confisque tous leurs biens.
Les découvertes des fouilles du XVIIIe siècle, tombes et objets historiques, sont exposés dans les musées du Louvre, du Vatican...

Cimetières romains chrétiens
Catacombe de Saint Castulo via Labicana, Cimetière de Saint Castulus, catacombe ; IVe siècle après J-C, située via Casilina -où habite Adriana FABRETTI !- à 1 km de la Porta Maggiore, à gauche de la rue du talus de la voie ferrée Roma-Napoli, trouvée intacte par Fabretti en 1672 ; aujourd’hui inaccessibile.
La petite catacombe est probablement la sépulture du martyr Castulus, sous l’Empereur Dioclésien tué en 305 après JC, d’après les Actes de St. Sébastien le mari d’Irène, la pieuse dame dont la maison avait recueilli le corps du soldat-martyr. Elle est déposée dans une galerie d’une cava di pozzolana creusée entre des piliers sous la Porta Maggiore. Le cimetière s’étend sous la vigne d’une propriété des Padri del Terzo ordre de S. Francesco. Plusieurs des galeries ont été démolies durant la construction de la voie ferrée de Civitavecchia en 1864 et sous le bombardement de 1943. La catacombe s’étend probablement sur deux plaines, mais les conditions actuelles de conservation, l’état de ruines des couloirs et cryptes, ne permettent pas de recherches ultérieures.

- Des lettres et autres travaux
Publiés dans Le Journal des Savants.
Le 5 janvier 1665 parait à Paris le premier périodique savant sous forme d’un bulletin hebdomadaire de douze pages, afin de faire connaître sans retard "ce qui se passe de nouveau dans la République des lettres" : le Journal des savants, bibliographie critique des ouvrages savants, compte-rendu des "nouvelles découvertes qui se font dans les arts et les sciences" .
Il connaît un succès rapide avant d’être pris en charge par les académies et la bibliothèque du Roi.

- - Encyclopédie de Diderot et d'Alembert
...il n'en est pas moins certain que la ferrure est en ufage parmi nous. On ne sait si cette pratique étoit générale chez les Romains. Fabretti, qui prétend avoir examiné tous les chevaux représentês sur les anciens monumens, sur les colonnes & sur les marbres, déclare n'en avoir jamais vû qu'un qui soit ferré.

- - Bonnets, Petases, Chapeaux
Différents chapeaux expliqués par la sculpture dans la Galerie Justinienne et d’après Fabretti.

- - Langue française
Les Celtes, originaires de l'Asie, s'appelaient Gail ou Gael, et de ce mot les Grecs ont fait Keltes, et les Romains Galli. L'Alphabet gaulois tiré de Fabretti.

- - Abrégé de la crusca, ou dictionnaire portatif de la langue italienne (Fabretti R.P.)

L’auteur appartient à la Compagnie de Jésus.
La Compagnie de Jésus (Societas Iesu) est un ordre fondé à Rome en 1540 par saint Ignace de Loyola, organisé selon les Constitutions rédigées par le fondateur. Sans rejeter les principes de la vie des moines, ses membres vivent au milieu des autres hommes, pratiquant un apostolat les amenant à se déplacer beaucoup. Elle est dirigée par un Praepositus Generalis, Supérieur général élu à vie, entouré d'assistants dont quatre sont élus. Leurs tâches sont réparties par zones géographiques ou ministère. Ces assistants forment le Conseil consultatif auprès du Général.

Un "admoniteur" conseille le Général, le prévenant quand il agit de manière imprudente ou contraire aux canons de la foi.
Un vicaire général assisté d’un secrétaire s'occupent de l'administration quotidienne.

Les membres sont répartis dans des provinces géographiques, chacune dirigée par un Supérieur provincial assisté d'un socius, secrétaire général en charge de l'administration
Chaque communauté de Jésuites est gouvernée par un recteur assisté d'un "ministre" (ou "serviteur").
Les candidats sont astreints à :
- deux ans de noviciat dans la solitude et la prière se terminant par des vœux simples de pauvreté, de chasteté et d'obéissance
- deux ans d'étude des matières classiques
- trois ans de philosophie, mathématiques et sciences physiques
- ils se vouent à l'enseignement pendant quelques années...
- avant de retourner trois ans à des études de théologie. L'ordination est alors prononcée
- Suivent une quatrième année d'études théologiques et une année de retraite et de prière, avant qu'ils n'achèvent leur formation, devenant ainsi coadjuteur ou profès. Les coadjuteurs prononcent des vœux perpétuels simples de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Les profès font les mêmes mais à caractère solennel. Ils s'engagent à aller là où le pape les enverra et renoncent à toute fonction ecclésiastique en dehors de l'ordre.
Pendant cent cinquante ans, ils dominent l'enseignement européen.

Les missions ont beaucoup d'importance. La correspondance des missionnaires constitue un témoignage ethnologique, historique, scientifique unique d’une valeur exceptionnelle, à l’influence notable sur la philosophie des Lumières.
La spiritualité de la Compagnie repose sur les Exercices spirituels composés par Ignace de Loyola et se caractérise par une obéissance stricte et un grand zèle apostolique.
La Compagnie s'occupe essentiellement d'activités missionnaires, puis se tourne dès 1547 vers l'enseignement, qui devient l'activité principale vers la fin du siècle ; sa devise Ad maiorem Dei gloriam (AMDG) (Pour la plus grande gloire de Dieu), explique la diversité des tâches : enseignement, prédication, missionnaires, directeurs de conscience, théologie, recherches scientifiques, etc.
Dès le XVIe siècle un collège est ouvert à Rome alors que des membres sont déjà au Congo, Brésil et Angola, et dans l'Empire ottoman.
À la mort d'Ignace de Loyola, la Compagnie compte plus d'un millier de membre, et soixante ans plus tard 13 000 dans toute l'Europe où elle lutte contre l'influence protestante, en Extrême-Orient et en Amérique. Mais elle doit faire face à de violentes persécutions dues à sa nouveauté, son soutien inconditionnel au pape, l'efficacité de son organisation centralisée, son influence sur les rois et la haute noblesse, ses positions théologiques et ses méthodes missionnaires d'assimilation.
Au XVIIIe siècle les Jésuites sont chassés du Portugal, de France, d'Espagne, et suscitent une telle opposition que le pape Clément XIV supprime l'ordre. Rétabli, les attaques continuent au XIXe en France où ils sont bannis. Il manifeste aujourd'hui une grande vitalité dans 112 pays.
Le terme Jésuite apparaîtra au XVIe siècle avec une connotation péjorative donnée par les Luthériens.
Ils installent une Maison Professe à Paris, dans le quartier du Marais, accueillant les meilleurs théologiens et scientifiques, avec une grande chapelle, l'église Saint-Louis (aujourd'hui Saint-Paul Saint-Louis). Le cardinal de Richelieu y donne la première messe. La noblesse vient écouter les sermons des prédicateurs, Madame de Sévigné. On y entend la musique de Marc-Antoine Charpentier et Jean-Philippe Rameau, maîtres de musique.
Ils vont tenter de convertir l’Extrême-Orient, les indigènes d'Amériques, et luttent contre l'influence protestante :
XVIe siècle Japon, Pérou, Chine, XVIIe Québec, Tibet, XVIIIe Brésil

Ignace de Loyola naît en 1491 en Espagne, dans une famille de la petite noblesse basque. Jusqu'à trente ans, c'est un homme "adonné aux vanités du monde, avec un grand et vain désir d’y gagner de l’honneur". En 1521 il est blessé au siège de Pampelune.
Pendant sa convalescence il se "convertit", et pendant treize ans parcourt le monde comme "pélerin de Dieu". De 1522 à 23 il mène une vie d'ermite et rédige les Exercices spirituels, puis se rend à Jérusalem, dans les universités espagnoles et celle de Paris. En France, il regroupe six étudiants de qualité (dont Pierre Favre premier prêtre ordonné de la Compagnie) qui décident de ne plus se séparer, et s'engagent en 1534 à professer cinq voeux : pauvreté, chasteté, obéissance au supérieur, obéissance au Pape, et se rendre à Jérusalem convertir les infidèles, ou si le voyage n'est pas possible, se mettre à la disposition du Pape. Ordonné prêtre à Venise en 1537 il célèbre sa première messe à Noël 38. En 1539, il écrit Formula instituti, esquisse des constitutions finales de la Compagnie, acceptée par les pape Paul III et Jules III. En 1541, Ignace de Loyola est élu à l'unanimité général de la Compagnie, et lorsqu'il meurt à Rome en 1556, la Compagnie de Jésus compte plus de mille membres, soixante-douze résidences et soixante-dix-neuf maisons et collèges.

- - Biblioteca Augusta
Anche qui, come negli Acta Eruditorum, sono recensiti libri di argomento vario di autori importanti: libri teologici, fisici e medici, matematici (algebra, geometria), storici e geografici, filosofici e psicologici (Fabretti).

- - Pendant la République Romaine, les citoyens les plus pauvres ont été aidés par des distributions publiques de maïs, d’huile et d'argent, appelées CONGIARIUM. Ces distributions n'étaient pas destinées qu'aux adultes : l'empereur Nerva fut le premier qui en fit bénéficier les enfants, et Trajan ordonna d’en faire chaque mois aux orphelins et aux enfants des parents démunis. Ces enfants se sont appelés Alimentarii Pueri et Puellae.
Des fragments intéressants trouvés chez Velleia, près de Placentia, nous ont appris les sommes qui ont été ainsi distribuées. Ce système a continué sur une plus grande échelle sous Hadrien et Antoine, a cessé sous Commodus et Pertinax, puis a repris sous Alexander Severus, avec le nom de Mammaeani en l'honneur de la mère de l'Empereur. Nous apprenons, d'un décret de Hadrien, que les garçons bénéficiaient de ces avantages jusqu'à dix-huit ans, et les filles jusqu'à quatorze, et, d'une inscription (Fabretti), qu'un garçon de quatre ans et sept mois reçu neuf fois la distribution mensuelle ordinaire de maïs.

- - Mesure du liquide
Mesures de liquide Romaines expliquées par divers récipient en bronze de la collection Foucault et d'après Beger et Fabretti.

- - La Pierre de Chardavon
(45-N5 Alpes Haute-Provence)
Sur quelques inscriptions, les mots sont séparés par des signes en forme de coeur.
On a prétendu que ces coeurs percés étaient un signe d'affliction et de douleur ; d'après cela le Père Papebroch a voulu regarder comme un monument païen la pierre tumulaire qui couvrait le tombeau de Ste Argyris, parce que les mots qui composent son inscription sont séparés par des ornements, ainsi que l'a très bien démontré Boldetti, et que le prouvent un grand nombre d'inscriptions rapportées par Reinesius, Fabretti, et par lui-même, sont communs aux inscriptions païennes et aux inscriptions chrétiennes.

Le long de la petite route qui conduit de la vallée de la Durance au plateau de Chardavon, puis aux hauteurs du Dromon, est gravée sur la face d'un rocher connu sous le nom de peira escricha , pierre écrite. une inscription antique, la plus considérable, la mieux conservée et une des plus précieuses que les Romains ont laissées dans notre pays.
Elle rappelle la carrière et la générosité d'un très haut fonctionnaire, Claudius Postumus Dardanus, prêteur des Gaules en 412-413, qui après une longue carrière civile, s'est retiré avec ses familiers dans ce coin reculé, où il avait une propriété au nom inspiré de l'ouvrage de saint Augustin, avec qui il était en correspondance : locus cui nomen Theopoli est, "La Cité de Dieu".
Il avait doté ce domaine d’un accès viable en faisant élargir le passage, facilitant la communication de Théopolis avec la vallée de Segustero, d'une enceinte et de portes "pour la sûreté de tous" et probablement d'une église. Il faut imaginer cette citée en amont de l'inscription, gravée au point le plus étroit du défilé rocheux, sans doute sur le plateau de Chardavon.

"Claudius Postumus Dardanus, patricien, ex-consulaire de la province viennoise, ex-prêteur des Gaules, et Nevia Galla son épouse, ayant fait couper les pans de la montagne de chaque côté, ont procuré un chemin viable au lieu dont le nom est Théopolis, lieu qu'ils ont fortifié par des murs et des portes ; le travail, fait dans leur propriété particulière et destiné à servir à la sécurité de tous, a été exécuté avec l'aide de Claudius Lepidus, compagnon et frère du sus-nommé."

- - Les ruines de Pompei

Chez les anciens, chacun adoptoit une divinité familière ; les hommes avoient des génies, et les femmes des Junons. (Voyez Pline, lib. Il, cap. 4). Le nom de cette déesse se voit dans plusieurs inscriptions avec cette attribution. (Voyez Fabretti, cap. II, 71, pag. 74).

Pompéi est un village de pêcheurs, au sud-ouest de Naples, sur une petite colline près d'un cours d'eau, le Sarno. Les Grecs s’y installent au VIIe siècle, puis les Étrusques en 470, les Samnites vers 425, et la ville devient colonie romaine en 80. Dotée de nombreux monuments, résidence d'été de riches Romains, elle est endommagée par un premier tremblement de terre en 62 ou 63 après J-C, et ensevelie sous les cendres du Vésuve le 24 août (ou novembre) 79, en pleine reconstruction.
Exceptionnellement préservée sous la couche de lave et de pierres, cette cité antique de Campanie est un remarquable témoin de sept siècles d'histoire.
En 1748, à l'instigation du roi de Naples, les fouilles commencent. Elles révéleront la décoration d’édifices publics et demeures privées, l'abondance et la qualité des fresques et mosaïques, l'urbanisme (murailles, îlots rectangulaires, forum, tribune, salle du conseil, basilique, marchés, statues, thermes, amphithéâtre, villas ne dépassant pas deux étages), la vie quotidienne économique et sociale (vigne, artisanat, auberges, cabarets, lupanars, entreprises de transport). La cité abritait environ 10 000 habitants sur 40 ha construits.

- - Savantes recherches sur :
Le canal souterrain creusé sous le règne de Claude pour l'écoulement des eaux du lac Fucin

CLAUDE (Lyon 10 av JC - Rome 54) Empereur romain.
Chétif et laid, maladif, gauche et timide, de caractère faible, rejeté par sa famille ("une erreur de la nature, un être incomplet, seulement ébauché" aux yeux de sa mère !), il se consacre aux études (littérature, grammaire...), encouragé par sa grand-mère.
Nommé Empereur par la garde prétorienne après l’assassinat de Caligula en 41, gauche, timide, indécis, il envahit la Grande -Bretagne en 43, annexe une partie de la Palestine, contrôle le Royaume d’Arménie, franchit le Rhin en 51 et fonde la colonie d'Agrippine (Cologne), pacifie les rives du Danube.
Il centralise l’Administration, réforme la Justice, promulgue des lois humaines en faveur des petits et faibles (assimilation du meurtre de l'esclave à un homicide, amélioration de la condition juridique de la mère de famille), assure la Police de Rome, règle le commerce des grains, étend le Droit de Cité, lance de grands travaux d’urbanisme (deux nouveaux aqueducs, l'aqua Claudia et l'Anio novus, travail énorme de 5 millions de sesterces, réfection-désensablement du port d’Ostie aux embouchures du Tibre, avec deux immenses jetées lancées en pleine mer et éclairées d'un phare pour former une rade artificielle, lac Fucin asséché).
A l'intérieur, il noie dans le sang les conspirations et tentatives d'usurpation, d’où sa réputation de cruauté.
Mais il se laisse dominer par les femmes. Déjà été marié deux fois, quand il épouse la célèbre Messaline, femme sans pudeur qui pousse l'audace jusqu'à épouser sous les yeux de son mari son amant, un noble romain. Claude la laisse assassiner par Narcisse. L'année suivante, en 49, il épouse sa nièce Agrippine dont il adopte le fils, futur Néron
Il meurt en 54, au cours d’une maladie, empoisonné par sa femme, par l’intermédiaire d’une empoisonneuse, Locuste, qui empoisonne un plat de champignons, son mets favori.
Il a composé une Histoire des Carthaginois, une Histoire des Etrusques, une Apologie de Cicéron, ses Mémoires en latin ou grec.

LAC FUCIN
Situé dans le Lazio, au milieu des Apennins, le lac Fucin est sujet à d'extraordinaires crues menaçant 13 000 habitants répartis dans 13 villages.
Pour l'assècher, Claude fait couper la montagne et creuser un canal de 3 500 pas le reliant au fleuve Lyris : 11 ans de travaux de 41 à 52, 30 000 ouvriers.
Avant de l'assécher, il y organise un combat naval. Quand les combattants crient "Salut, Empereur, ceux qui vont mourir te saluent", il répond : "Peut-être !" Après cette parole résonnant comme une grâce, plus personne ne voulant combattre, Claude se demande s'il les fait périr par le fer ou le feu, se lève, fait le tour du lac d'un pas chancelant et ridicule, tantôt menaçant, tantôt exhortant et les décide à combattre.
Deux flottes, l'une sicilienne, l'autre rhodienne, de douze trirèmes chacune (19 000 hommes), s'élancent l'une contre l'autre au son de la trompette d'un triton d'argent surgi au milieu du lac .
L'Empereur, en brillant manteau militaire, et Agrippine en chlamyde tissue d'or, président au spectacle.
Les rives, les collines se remplisent d'une multitude venue des municipes les plus proches et de Rome même, poussée par la curiosité.

La topographie du Latium
Le Latium, région historique d’Italie centrale, en bordure de la mer Tyrrhénienne, habité depuis le IIe millénaire par les Latins, subit la domination étrusque. Pour lutter contre celle-ci, une trentaine de cités forment la Ligue latine. Au IVe siècle av. J.-C., Rome soumet le Latium et les habitants deviennent citoyens romains.
Drainé par le Tibre au nord et le Garigliano au sud, cette région fascinante -qui s’ouvre dans un alignement nord-ouest sud-est de collines volcaniques enserrant de magnifiques lacs de cratères (Bolsena), s’appuie à l’est sur les hauteurs calcaires de l’Apennin central (Terminillo 2213m) aux pentes éboulées, et ourlée de lagunes, s’étire en plaine littorale marécageuse- offre une grande variété de paysages : vastes plages, grandes pinèdes, monts, collines douces et plaines étendues, riche en monuments artistiques elle évoque une longue histoire extraordinaire.
Tarquinia, Cerveteri e Tuscania, des nécropoles et musées rappellent l’ancien peuple mystérieux des Etrusques (VII-VIe siècle av. J.-C.) qui a dominé l’Italie centrale avant l’ascension de Rome dont les témoignages et ceux des époques successives sont nombreux dans les cinq provinces et chefs-lieux, Rieti, Viterbe, Latina et Frosinone (parc national des Abruzzes) : la Villa Adriana splendide et somptueuse de Tivoli (où se trouve également la Villa d’Este datant de la Renaissance), le Palais Barberini du XVIIe siècle de Palestrina et la Cathédrale d’Anagni.
Le caractère grandiose de la religiosité romaine s'y projete en dehors de Rome : Abbayes du Mont Cassin, de Casamari, de Fossanova et monastères de Subiaco, lieux chers à Saint Benoît de Nursie.


Bibliographie

Mario Luni

RAFFAELLO FABRETTI "ARCHEOLOGO" URBINATE

PRINCIPE DELLA ROMANA ANTICHITÀ

Urbino 2000

Contributi di Franco Negroni

Acclude la ristampa anastatica della "Vita di Raffaello Fabretti Urbinate", a cura di Domenico Riviera e Giovanni Mario Crescimbeni.

Editore Accademia Raffaello

Danilo Mazzoleni (a cura di), Raffaele Fabretti, archeologo ed erudito. Atti della Giornata di Studi, 24 Maggio 2003, Pontificio Istituto di Archeologia Cristiana, Città del Vaticano, 2006, ISBN 8885991408

LES PAPES - CHRONOLOGIE

Paul V 1605 1618 naissance de RaffaeleGrégoire XV 1621 naissance d’Adrien Auzout
Urbain VIII 1623 naissance de Pascal - 1626 naissance de Christine de Suède - 1636 Raffaele passe son doctorat - 1642 mort de Galilée
Innocent X 1644 Raffaele revient d’Espagne - 1646 naissance de Leibniz - 1650 mort de Descartes
Alexandre VII 1655 arrivée de Christine à Rome - 1656 épidémie de peste - 1662 mort de Pascal
Clément IX 1667 1668 Adrien Auzout part en Italie
Clément X 1670 1674 création de l’Accademia Reale
Innocent XI 1676 Raffaele est vicaire - 1680 De aquis... - 1683 De Columna...
Alexandre VIII 1689 mort de Christine - 1690 visite de Leibniz - collection d’inscriptions - création de la Société Arcadienne
Innocent XII 1691 Raffaele garde les archives secrètes du "Vatican" - 1699 Inscriptionum... - mort d’Adrien AuzoutClément XI 1700 mort de Raffaele

LIENS

http://www.iath.virginia.edu/rome/fabretti/index.htm
http://www.uic.edu/depts/lib/projects/resources/iasi/columna.html
http://jjfabretti.blog4ever.com (Généablog) http://jjfabretti.zeblog.com

Johann Friedrich GRONOVIUS (Hambourg 1611-Leyde 1671), érudit et critique allemand. Après avoir étudié dans plusieurs universités, il voyage en Angleterre, France et Italie, est nommé professeur de rhétorique et d’histoire à Deventer, et à la chaire grecque à Leyde, où il meurt.

Dans cette polémique Fabretti a employé le pseudonyme "Iasitheus", gardé comme nom pastoral dans l'Académie des Arcadiens.

- LES AQUEDUCS ROMAINS :
Il fait la première recherche systématique du système d'aqueducs romains, alors que les études sérieuses sur la façon dont la ville éternelle obtenait son eau ne commenceront qu'au XVIIe siècle. Son traité, De aquis et aquaeductibus veteris Romae dissertationes tres (1680), est cité comme référence par tous les spécialistes de la topographie romaine. Bien que les résultats n'aient jamais été invalidés, et en dépit de son énorme importance, il n'a jamais été traduit du latin original. Sa contribution mérite bien plus d’attention qu'elle n’en a reçu.

Il est de nombreuses années Gardien des Archives Secrètes du Castel Sant'Angelo et Canonico di San Pietro, avec le titre de Monseigneur. Il reste célibataire comme il est d'usage à l'époque. Il échappe à la peste de 1656... Et meurt octogénaire des suites d'un rhume pour avoir voulu se promener en voiture dans le froid de la via Nomentana à Rome. Sa tombe et son buste sont dans l'Église "Santa Maria Sopra Minerva" au Pantheon, dans la nef de gauche (8) en bonne compagnie (33 Fra Angelico - 34 Leon X - 35 Clément VII).

Canonico - Chanoine : Nom donné d'abord aux cénobites, puis à tous les clercs.

Clerc séculier, membre d'un corps dit chapitre qui, attaché à une église cathédrale ou collégiale, sert de conseil à l'évêque.

SAINT-PIERRE
La Basilique Saint-Pierre est construite sur l'emplacement du tombeau de l'apôtre Pierre, dans la nécropole où il fut crucifié en 64 ou 67, lieu d'identification de la religion chrétienne, culte officiel de l'empire romain, par Constantin de 315 à 326, date de son inauguration.
Complètement dégradée après plus d'un millénaire d'histoire, elle est restaurée au XVe siècle, arrêtée, le projet modifié pour l'édification d'une nouvelle cathédrale. Les travaux, confiés en 1506 à Bramante qui détruit la basilique et commence ce qui est la plus grande cathédrale de la chrétienté (193m de long sur 120m de haut, plan en croix latine à 3 nefs), dureront jusqu'en 1626.
Le coeur de la basilique est la tombe de saint Pierre, surmontée de l'autel majeur, du baldaquin monumental en bronze de le Bernin, de la coupole de Michel-Ange (1546, 131m de diamètre, subdivisée en 16 nervures qu'éclairent 16 fenêtres). Y sont représentés les 16 premiers Papes, les 12 apôtres, saint Paul, le Baptiste, Marie et le Christ, 4 rangées d'anges.
Lieu de couronnement des empereurs d'Occident de 800 (Charlemagne) à 1452 (Frédéric III), elle abrite de nombreuses reliques : la montée au Calvaire (le linge de Véronique), le supplice du Golgotha (sainte Hélène qui retrouva le bois de la Croix), la mort du Christ (saint Longin et la lance), et tombes papales (les 16 premiers Papes).
Le Colisée est en partie détruit aujourd'hui parce qu'il a surtout servi pour les nouvelles constructions du moyen-âge... et la basilique Saint-Pierre a hérité de ses pierres.
"Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux".

Via Nomentana
Via Nomentana, ancienne voie romaine au nord-est de Rome, sont déposées Constance et Hélène, filles de Constantin, dans un splendide mausolée.

A côté Constance édifie, dès le IVe s., la Basilique de Sainte Agnès, à proximité de la tombe de la jeune martyre. L'église actuelle est au-dessus de la tombe de la sainte. La mosaïque de l'abside est un des plus purs exemples d'art byzantin à Rome. A partir de l'église, on accède aux catacombes où est déposé le corps.

SANTA MARIA SOPRA MINERVA
Sa façade massive cache une vue unique à Rome: voûtes ogivales bleu et or, vitraux aux lumières roses, colonnes corinthiennes, sol en marbre. Une énigme gothique bâtie sur l'emplacement d'un temple à Minerve, commencée en 1280, terminée en 1370, transformée à la Renaissance et au Baroque, et mal ramenée à son état médiéval au XIXe siècle.

Pourquoi est-ce le seul exemple d'architecture gothique à Rome, à l'ombre de la structure classique la plus parfaite de Rome, le Panthéon ?

Pourquoi cette surabondance de trésors artistiques : chapelles, tombeaux de grandes familles romaines, mémoriaux, monuments funéraires de papes et cardinaux, sarcophages, statues, fresques, peintures, portraits, bustes et mosaïques.
Et les fantômes qui hantent cette église :

- Catherine de Sienne (1347-1380), dont le corps sans tête est sous l'autel principal, qui a joué un rôle politique important en persuadant les papes de revenir d'Avignon à Rome.

- Giovanni de Fiesole (1387-1455), Fra Angelico (33), moine dominicain peintre de la Renaissance qui a décoré des chapelles privées du Vatican.

- Leo X (Giovanni de Medici, 1513-1521) (34) et Clément VII (Giulio de Medici, 1523-1534) (35).

- Paul IV (1555-1559), grand inquisiteur de la Contre-Réforme, pontife dominicain grave et redouté responsable de l'index des livres interdits et de l'emprisonnement des juifs. Sa statue à la bouche ricanante et menaçante est effrayante.
- Michelangelo représenté par une statue du Christ le Rédempteur, commencé en 1519 et terminé par un de ses élèves (28).

Des fresques magnifiques de Filippino Lippi, exécutées de 1488 à 92, dépeignent le "triomphe" de Saint Thomas d'Aquin, dominicain, probablement le plus grand théologien médiéval. Au-dessus, des compositions dont il est impossible de décrire la beauté.

Il existait à Rome en 2006 une Fondation inspirée de l'oeuvre de Fabretti, au soin des derniers descendants de sa famille, dont le siège est situé 68 via Nicola Salvi prés de la Pio Sodalizio dei Piceni (Dr Giorgio FABRETTI).

"Cette Fondation est encore active à cette adresse, à ses derniers descendants, via Nicola Salvi 68, Roma 00184, tél. 0039 06 4817418, email : fondofabretti@hotmail.com. Sa dernière initiative est une conférence à Rome, du 20 au 28 janvier 2008 au Castel Madama, avec la Sapienza Università di Roma, au sujet des aqueducs romains et en particulier (contribution de la Fondo Fabretti) de la création du premier musée au monde sur les aqueducs, le musée Raffaele Fabretti, dans l'ancien Castle Colonna de la petite ville de San Gregorio da Sassola (Roma), idée et projet sous la direction scientifique du Professeur Giorgio Fabretti, historien et antropologue, Presidente del Fondo Fabretti."
(Information complémentaire relative à la Fondation Raffaele Fabretti (Fondo Fabretti), aimablement communiquée par le Professeur d'Architecture Alessandro Camiz de la Sapienza Università di Roma, que je remercie vivement)

La Fondation a réuni les oeuvres et matériels biographiques sur Raffaele Fabrettide : il Pontificio Istituto di Archeologia Cristiana (in Vaticano), l'Università di Urbino (Prof. Mario Luni), il Pio Sodalizio dei Piceni (in Roma), la Fondazione "Raffaello" (in Urbino), l'Accademia Americana di Roma (nei pressi del Gianicolo).

Giorgio Fabretti, né en 1951 à Rome, professeur à la Sapienza Università di Roma, anthropologue et historien, a étudié depuis plus de trente ans des modèles logiques et cognitifs (relatifs à la connaissance) d'innombrables cultures, recherches trouvant application en consultations institutionnelles et géopolitiques et dans l'enseignement universitaire, en Italie et aux USA.


Par Jean-Jacques FABRETTI
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