Samedi 31 janvier 2009

Pontificia Accademia Ecclesiastica 1710 (Vatican).

Le Castel Sant’Angelo
Le Castel Sant’Angelo, sur la rive droite du Tibre, face au pont Saint-Ange, non loin du Vatican, est une rotonde massive en travertin recouvert de marbre, sur une solide base carrée, surmontée d'un quadrige de bronze mené par l'empereur Hadrien. Construit en 135 pour servir de mausolée à sa lignée, ses cendres, celles de sa femme et de son fils adoptif, y sont entreposées dans la Salle du Trésor, une chambre profonde.

HADRIEN (76-138)
D'une famille italienne émigrée en Espagne, orphelin à 12 ans, il est recueilli à Rome, juge à 19 ans, courageux et d’une grande endurance physique commandant de l’'armée à 20, Gouverneur à 31, Conseiller privé à 35, et en 117 Empereur à la mort de Trajan, cousin éloigné qui l’avait adopté.
Il renonce aux conquêtes, réorganise l’armée, les institutions juridiques et financières, le pouvoir central, mène une nouvelle politique agricole.
Très intelligent et instruit, d’une mémoire prodigieuse, très fin d’esprit et passionné d’architecture, art grec, il fait construire le Panthéon et encourage les arts et lettres.

Nombreux voyages à travers tout l’Empire.
Il meurt dans d’horribles souffrances, les cœur et poumons lui provoquant de terribles crises d’étouffement, après un suicide raté et le refus de ses amis de mettre fin à ses jours.

Très vite, le bâtiment est détourné de ses fins funéraires pour devenir militaire, intégré en 403 à la muraille aurélienne comme bastion avancé, puis après l’attaque des Goths, inclus en 547 dans une structure fortifiée protégeant la rive droite. Le quartier prend le nom de Borgo.
En 590, Grégoire Ier a une vision de l’archange Michel sur les créneaux, lui annonçant la fin de l’épidémie de peste. D'où le nom et la statue de Saint Michel terrassant le démon qui coiffe l'ouvrage.
Après le pillage par les Sarrasins de la basilique Saint-Pierre, Léon IV (847) relie le Borgo dévasté par une muraille, formant la "cité léonine".
Le château est ensuite transformé en prison (dont personne ne s'échappa), où quatre Papes du IXe siècle meurent.
Les papes de la Renaissance en font leur refuge en cas d'attaque, ajoutant bastions et appartements privés. En 1277, Nicolas III bâtit un couloir suspendu reliant le château au Vatican, le passeto, offrant ainsi une possibilité de fuite rapide.

Quand Urbain V (1362) quitte Avignon pour rentrer à Rome, il se fait remettre non les clefs du château qui reprend le rôle de forteresse protégeant le Vatican.
En 1389, Boniface IX restaure le château à demi en ruines, y fait percer une large rampe hélicoïdale à sens unique de 125 mètres le long permettant le transport de vivres et munitions. Des meurtrières sont creusées. Des logements sont aménagés pour le Pape.
En 1527, le Pape Clément VII s’y réfugie lors du Sac de Rome, et Giordano Bruno y est emprisonné sept ans.

Giordano BRUNO (1548 près de Naples - 1600 Rome) (Filippo Bruno)
Philosophe, théologien, prêtre italien de la Renaissance, il acquiert une connaissance approfondie de la mnémotechnique à 14 ans, du latin, Aristote, Saint Thomas d'Aquin, Platon, Érasme, de la métaphysique, la cosmologie, et s'initie à l'ésotérisme, l'astrologie, et la cabale.
Il entre en 1565 chez les Frères prêcheurs du prestigieux couvent dominicain San Domenico Maggiore, vit selon la devise verba et exempla (par le verbe et l'exemple) et est ordonné prêtre en 1573.
Il proclame l'existence d'un Dieu unique se manifestant dans la nature hors de toute religion révélée, Dieu est la substance et la vie de toutes choses (natura naturans), l'univers un animal infini dont Dieu est l'âme, reflet d'une divinité unique dirigeant toute chose, univers vivant où tout, de l’animal au minéral, possède une âme.
"l’Univers est infini, peuplé d’une multiplicité de mondes analogues au nôtre"
Il affirme que la sphère des étoiles fixes n’existe pas, mais qu’elles sont des soleils !
Accusé d'hérésie, il fuit en 1576, menant une vie errante à travers l’Europe (Italie, Chambéry 1578, Genève 1580, Lyon, Toulouse, enseigne au Collège de France à Paris, Angleterre 1583, Allemagne 1587)
Revenu en Italie, trahi, il est dénoncé au Saint-Office en 1592, blanchi à Venise mais transféré et incarcéré au château Saint-Ange.
Chefs d’accusation : repousse les images saintes, le dogme de la Trinité, la virginité de Marie, pratique l’art divinatoire, croix en la métempsycose, affirme que Jésus n'est pas Dieu, mais un magicien exceptionnellement habile, que l'Esprit Saint est l'âme du monde, et qu'il faudra aussi que le Diable fût sauvé le jour du Jugement dernier...
"Le roi Henri III me fit appeler un jour, et me demanda si cette mémoire que je possédais et que j’enseignais était une mémoire naturelle ou si elle était obtenue par la magie, je lui démontrais qu’elle n’était pas obtenue par la magie mais par la science".
"Je ne recule point devant le trépas et mon cœur ne se soumettra à nul mortel."
"Je ne crains rien et je ne rétracte rien, il n'y a rien à rétracter et je ne sais pas ce que j'aurais à rétracter."
Condamné au bûcher :
"Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à l'accepter."
Nu avec un mors l'empêchant de parler il est brûlé vif, refusant le crucifix qu’on lui tend, sur le Campo Dei Fiori, où en 1889, les franc-maçons italiens lui érigent une statue.
Une loge créée en 1985, de l'obédience du Grand-Orient, porte son nom.
Bruno est un pionnier en astronomie, physique, philosophie.

Bibliographie non exhaustive :
Candelaio (1582) (Le Chandelier), comédie satirique

Della causa, principio e uno (1584) (La cause, le principe et l’un)

Dell'infinito, universo e mondi (1584) (De l’infini, l'univers et les mondes)
Dans ces ouvrages il expose une vision cosmographique audacieuse et révolutionnaire dépassant les thèses coperniciennes.

Spaccio de la bestia trionfante (1584) (L’expulsion de la bête triomphante) s'attaque aux attitudes calvinistes et catholiques.
Cabala del cavallo Pegaseo (La cabale du cheval Pégase), opuscule satirique, démolissant la référence aristotélicienne.

De gli eroici furori (1585) (Les fureurs héroïques) élimine l’idée d’un monde centré, en présentant un univers où Dieu n’a plus de lieu.

De innumerabilibus, immenso, et infigurabili (1591) réexamine sa cosmographie.

De monade numero et figura (1591), réflexion sur le rapport entre nombres et figures géométriques. De triplici minimo et mensura, sur l’infiniment petit, précurseur des études sur l’atome.

De imaginum, signorum et idearum compositione (De la composition des images, des signes et des idées), qui introduit un prodigieux système mnémotechnique.

On pénètre dans le château par sa seule entrée, au bout du pont Saint Ange à trois arches orné de statues, et on accède à la rampe.

Impressionnant par ses forme circulaire, escaliers chausse trappe, cours suspendues, raffinement extrême des appartements papaux, fresques, salle de bains, cours de théâtre décorée de fresques sépia, cellules, oubliettes, salles d'armes, et superbe vue du haut de la terrasse de l'Ange, Rome et ses alentours à 360 ° .

UN ARCHEOLOGUE DU XVIIe SIECLE.
Urbino se rappelle son grand humaniste et archéologue Raffaele Fabretti mort il y a 300 ans (2000). Dans sa maison natale aura lieu une inauguration de ses écrits conservés à la bibliothèque de l'Université d'Etudes, et à l'Académie de Raffaello une exposition de la médaille commémorative exécutée par le sculpteur Antonio Fontanoni. À Pian del Monte, dans le jardin public, sera dévoilé le buste en bronze de l'archéologue. Enfin, dans la salle didactique de la Galerie Nationale des Marches, contiguë à la cour d'honneur du Palais Ducal, Angela Donati, du Département d'Histoire Antique de l'Université de Bologne, illustrera la figure du chercheur mort en 1700.

Antiquaire, collectionneur, érudit et écrivain d'épigraphes, Raffaello Fabretti est universellement reconnu prince studieux de l’antiquité romaine. Né en 1620 de noble famille urbinate, il cultive son intérêt pour l'archéologie et les épigraphes de Rome, là où il a la charge de diriger les fouilles des nécropoles de Rome et des environs. Il constitue une des plus vastes collections existantes d'inscriptions de monuments (épigraphes, bas-reliefs) vers 1690 dans son habitation principale d'Urbino et sa maison de campagne de Fontesecca, 4676 pièces objet de minutieuses descriptions dans un volume illustré qu’il publie à la fin du XVIIe siècle.

Cette collection constitua le noyau essentiel de la récolte d'inscriptions antiques exposées en 1756 par le Cardinal Legato Giovan Francesco Stoppani au Palais Ducal où elle peut encore être vue aujourd'hui dans le Musée Archéologique.
Museo archeologico di Urbino. Storia e presentazione delle Collezioni Fabretti e Stoppani, 1986

 

Il est conseiller culturel de trois papes, inspirateur de la fondation du mouvement littéraire de l'Arcadia, au secrétariat de laquelle il appelle son jeune protégé, Giovanni Mario Crescimbeni (1663-1728), littérateur italien, né à Macerata (Ancône) auxquel nous devons la biographie des Fabretti qu’il publia en 1708, utilisant une précédente oeuvre de l'Abbé urbinate Domenico Riviera.

Fondée en 1690, la Société Arcadienne, première académie italienne à admettre des femmes, était principalement consacrée à la réforme de la littérature italienne, par un rejet des vanités baroques en faveur d’un langage clair de forme simple.

Il fréquente le cercle de la Reine Christine de Suède.

CHRISTINE DE SUEDE (Kristina Vasa), (1626 Stockholm - 1689 Rome), reine de 1632 à 54, élevée comme un garçon, devient à six ans "la reine Christine" à la mort de son père.

Elle met fin à certains conflits. La paix de Westphalie, signée en 1648, fait de la Suède la première puissance nordique. Couronnée en 1650, elle renonce à son trône en 54, abdique en faveur de son cousin Charles Gustave, et quitte sa Suède natale le jour du couronnement.

Habillée en homme, avec une suite réduite de douze personnes, elle traverse l'Allemagne, la Hollande protestantes, parvient aux Pays-Bas espagnols -premier pays catholique de son itinéraire- où elle est reçue par l'archiduc Léopold. Son séjour de onze mois à Anvers et Bruxelles lui vaut une réputation de lesbienne libertine scandaleuse.

Elle arrive à Rome en novembre 1655, où le nouveau Pape Alexandre VII lui déroule le tapis rouge : le collège des cardinaux, à la porte de la ville, l'accompagne avec la noblesse romaine jusqu'à la basilique Saint-Pierre où elle se prosterne devant l'autel. Pour l'Eglise, la conversion d'un personnage aussi important représente une victoire sur l'hérésie protestante. Le jour de Noël, elle retourne à Saint-Pierre faire sa première communion qu'elle reçoit des mains du Pape qui l'invite à dîner -honneur extraordinaire pour une femme- avant qu'elle ne soit escortée en procession au Palais Farnèse, mis à disposition par le duc de Parme.
Comme elle refuse d'adopter les moeurs d'une catholique dévote, la curie prend ses distances.

Elle revendique le trône de Naples, fait alliance avec le duc de Guise et Mazarin qui voulait fonder une dynastie Bourbon servant de contrepoids à la puissance de l'Espagne.

Trahie par son écuyer Monaldeschi qui prévient les Espagnols, elle le fait assassiner par trois gardes dans la Galerie des Cerfs. Christine rentre en Italie, envisage un instant de revendiquer le trône de Pologne, et se fixe à Rome.

En 1674, elle y crée l'Accademia Reale équivalente à l'Académie française.

Protestante, elle se convertit au catholicisme après son abdication, mais se montre cependant émue du sort des protestants de France, subissant la politique de conversion forcée du pouvoir royal. D'esprit très ouvert, féministe avant l'heure, très cultivée et sportive pour l'époque, elle écrit des livres et discute avec de nombreux savants philosophes et artistes dont Blaise Pascal et René Descartes, parle plusieurs langues, suédois, allemand, italien, latin et français -langue de l'élite européenne de l'époque- fait venir en Suède nombre de personnalités.

Son mode de vie -opposée au mariage, maîtresse du comte Magnus de la Gardie- et sa liberté d'expression ne sont pas du goût des protestants luthériens.
Fréquentant les jésuites, tourmentée par le besoin de Dieu, elle devient très croyante et ascète comme Pascal.

Elle meurt en 1689 à Rome. Son corps repose au Vatican, dans la basilique Saint-Pierre (les Saintes-Grottes).

Blaise PASCAL (1623-1662) savant, penseur, écrivain français. Génie précoce, il écrit à onze ans une dissertation acoustique et assimile seul la géométrie euclidienne
Théorème de Pascal (1639), calcul des probabilités, calcul intégral, hydrostatique
1647 "Les sens sont seuls les principes et maîtres"

1654 Traité du triangle arithmétique - calcul des probabilités
Les Pensées

"Misère de l’homme sans Dieu. Félicité de l’homme avec Dieu".

René DESCARTES (1596 - Stockholm 1650) savant et philosophe français. Entre à 10 ans au collège des Jésuites de La Flèche où il apprend les mathématiques et prend connaissance des découvertes que Galilée fait grâce au perfectionnement de la lunette astronomique. Il passe une licence de Droit à Poitiers en 1616, puis voyage à travers l’Europe. Il a une révélation en Allemagne le 10 novembre 1619 : les lois de la nature sont d’essence mathématique
Dioptrique (lois d’optique : théorie mathématique de la lumière)
1636 Météores (explication de phénomènes naturels)
Géométrie (bases de la géométrie analytique : géométrie / algèbre - calcul infinitésimal)
- 1637 Discours de la méthode (principes de la pensée scientifique, ébauche d’une métaphysique)
"ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je la connusse évidemment être telle"
"diviser chacune des difficultés... En autant de parcelles qu’il se pourrait... Pour mieux les résoudre"
"conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples... Pour monter peu à peu jusqu’à la connaissance des plus compliqués"
"faire partout des dénombrements... Et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre"
1641 Méditations métaphysiques (le plus sûr moyen d’éprouver ses certitudes est d’essayer d’en douter)
"Cogito ergo sum" "Je pense donc je suis"
"Tout ce qui est est espace ou conscience"

1644 Principes de philosophie
- 1645 Traité des passions de l’âme
Parti à la Cour de Christine de Suède, il prend froid un jour d’hiver et meurt d’une pneumonie.

Sa maison de Borgo Pio devient un salon intellectuel européen, où les spécialistes de passage trouvent hospitalité et stimulations culturelles. Un de ses amis préférés, Adrien Auzout, est un mathématicien français avec lequel il fait de longues promenades discutant de mécanismes et mesures, une des passions intellectuelles de l'époque.

 

Adrien AUZOUT (Rouen 28 janvier 1622 - Rome 23 mai 1691), astronome et physicien.
Fils d’un clerc à la cour de Rouen, Adrien Auzout fréquente dans cette ville Blaise Pascal. En 1648, il entame une correspondance épistolaire avec Marin Mersenne, puis rejoint le cercle savant autour de Henri Louis Habert de Montmor. Il plaide, à la suite d’observations en 1664-65, en faveur de l'orbite elliptique ou parabolique de comètes, s’opposant à Johannes Hevelius. Il est un des membres fondateurs de l’Observatoire royal de_Paris. Acquis aux idées de Huygens, il travaille en 1667-68 avec Jean Picard à appliquer la lunette astronomique au quart de cercle et à construire le micromètre à fil mobile pour mesurer le diamètre apparent des petits objets et des corps célestes. Ils sont les premiers à mesurer avec exactitude le degré d'arc du méridien terrestre entre Sourdon, au sud d'Amiens, et Malvoisine, au sud de Paris.En 1666, il entre à l’Académie des Sciences mais la quitte en 1668 à la suite de sa vive critique de la traduction de Vitruve par Claude Perrault. Il part pour l’Italie où il passe les vingt dernières années de sa vie.
On a donné son nom au cratère d’Auzout sur la Lune.
Publications :
Lettre de M. Auzout du 17 juin à M. Petit, etc. (1665). À propos d'une fausse observation d'Hevelius sur la comète de 1665.
Lettre à M. l'abbé Charles sur le « Ragguaglio di due nuove osservationi, etc. », da Giuseppe Campani, avec des remarques où il est parlé des nouvelles découvertes dans Saturne et dans Jupiter et de plusieurs choses curieuses touchant les grandes lunetes (1665)
Manière exacte pour prendre le diamètre des planètes (1667)
Traité du Micromètre (1667)
Lettres sur les grandes lunettes

 

 

Les travaux de Raffaele

- Son interprétation de certains passages d’auteurs classiques l'implique dans une controverse avec Gronovius.

- L’Aqua Alexandrina , construit par Alexandre Severus, prend sa source dans les terres de Tusculum

à environ vingt deux kilomètres de Rome, entre Gabii et le Lac Regillus. De petite hauteur il était destiné pour les bains de Severus qui se trouvaient dans une des vallées de Rome (Fabretti).
- L’Aqua Septimiana, construit par Septimius Severus, était probablement une branche de l’Aqua Julia, faite par l’Empereur pour amener l’eau à ses bains (Fabretti)
- L’Aqua Algentia prenait sa source au M. Algidus par la Via Tusculana, 9000 passus de Rome, selon Fabretti. Son constructeur est inconnu.

Afin de résoudre les problèmes de salubrité et d'adduction, Rome n'ayant que le Tibre et des puits , on construisit des aqueducs pour amener de l'eau pure depuis les collines éloignées : conduites souterraines en pierre, conduites à l'air libre sur structures de maçonnerie ou arches, en terre cuite, plomb, bois ou cuir.

Les deux premiers aqueducs sont souterrains : l'Aqua Appia, 18 km, construit en 312 av. J.-C. par Appius Claudius Caecus, et l'Anio Vetus, 70 km, construit entre 272-269. Le troisième, l'Aqua Marcia, 144-140, utilisant des arcades, avait 100 kilomètres de long. L'Aqua Tepula est construit en 125, l'Aqua Julia en 33 , l'Aqua Virgo en 19 pour alimenter les thermes du Champ de Mars. Auguste construit l'Aqua Alsietina en 2 av. J.-C.. Les plus magnifiques sont l'Anio Novus en 52 av. J.-C., 95 km de long et jusqu'à 30m de haut, et l'Aqua Claudia en 47 construits par Claude. Ces deux aqueducs se réunissaient, à proximité de Rome, formant deux conduits superposés. L'Aqua Traiana construit par Trajan en 109, et l'Aqua Alexandrina construit par Sévère Alexandre en 226.

L'eau était propriété publique, entreposée dans des réservoirs (castella), et distribuée dans les fontaines publiques, thermes, et certaines habitations contre redevance ou location.

Montfaucon l'Antiquité Expliquée. Fabretti a composé un ouvrage très érudit sur les aqueducs de Rome.

- LA COLONNE TRAJANE
De Columna Traiani Syntagma. [triremes sur les colonnes trajans) (Rome 1683), et Inscriptionum Antiquarum Explicatio (Rome, 1699), jettent beaucoup de lumière sur l'antiquité romaine.
La colonne Trajane élevée par Trajan pour commémorer sa victoire sur les Daces.
Les reliefs qui la décorent sont une sorte de chronique illustrée et continue sur toute la colonne ; on y a sculpté des gros plans, des vues plongeantes et des vues d'ensemble. C'est une figuration du temps et de l'espace, une transmission d'un contenu moral et politique qui insiste sur l'humanité des vainqueurs.

Son interprétation d'un bas-relief représentant la guerre et la prise de Troie, connu sous le nom de Table Iliaque est maintenant au Musée du Capitole à Rome.
Table iliaque, bas-relief de 10 x 10 x 2.5 cm en marbre jaune à grain fin du 1er siècle après J.-C., découvert au XVIIe siècle dans les ruines d'un temple de la voie Appienne, appelé ainsi parce qu'elle reproduit les hauts faits d'Achille devant Troie (Ilion).

- LES CATACOMBES DE ROME
Il assume la charge de diriger aux creusements des catacombes et de la zone autour de l'Appia Antica où il aime se promener avec son cheval derrière la Villa des Quintili -d’où le surnom de "Marco Polo" donné par ses amis, d'après le célèbre voyageur vénitien. Il se dédie à la recherche, avec de nombreuses découvertes, et forme de nombreux élèves qui fondent après sa mort les premiers cours d'archéologie de la nouvelle Sapienza Università di Roma.

L’APPIA ANTICA
La plus célèbre route romaine (via Appia, via Appienne) relie Rome à Brindisi, le plus important port de commerce avec la Grèce et l'Orient.
Commencée en 312 av JC par le consul Appio Claudio afin de relier Rome aux provinces méridionales, rapprocher la capitale de l'Empire de l'Afrique et l'Orient, d'une largeur d'environ 4m, pavée de blocs basaltiques, elle était jalonnée tous les 10 km, dans certaines portions, de postes pour changer les chevaux et de lieux de restauration-repos pour les voyageurs. Construite à partir d'une voie existante, elle reliait Capoue, puis fut prolongée jusqu'à Bénévent en 190, et Brendisi au prix de travaux "romains" : ponts, canaux, jetées...
Elle devient rapidement une voie sacré, consacrée au culte des défunts,

Les premiers cimetières chrétiens y sont établis à la fin du 1er siècle : Catacombes de San Callisto au IIe siècle, et San Sebastiano.

LA VILLA DES QUINTILI
Elle présente les ruines d’une ancienne propriété d’une riche famille romaine, les frères Quintilii, consuls en 151, figures de l'aristocratie sénatoriale et soutiens de l'Empereur Marc Aurèle, mis à mort en 182 par Commode qui confisque tous leurs biens.
Les découvertes des fouilles du XVIIIe siècle, tombes et objets historiques, sont exposés dans les musées du Louvre, du Vatican...

Cimetières romains chrétiens
Catacombe de Saint Castulo via Labicana, Cimetière de Saint Castulus, catacombe ; IVe siècle après J-C, située via Casilina -où habite Adriana FABRETTI !- à 1 km de la Porta Maggiore, à gauche de la rue du talus de la voie ferrée Roma-Napoli, trouvée intacte par Fabretti en 1672 ; aujourd’hui inaccessibile.
La petite catacombe est probablement la sépulture du martyr Castulus, sous l’Empereur Dioclésien tué en 305 après JC, d’après les Actes de St. Sébastien le mari d’Irène, la pieuse dame dont la maison avait recueilli le corps du soldat-martyr. Elle est déposée dans une galerie d’une cava di pozzolana creusée entre des piliers sous la Porta Maggiore. Le cimetière s’étend sous la vigne d’une propriété des Padri del Terzo ordre de S. Francesco. Plusieurs des galeries ont été démolies durant la construction de la voie ferrée de Civitavecchia en 1864 et sous le bombardement de 1943. La catacombe s’étend probablement sur deux plaines, mais les conditions actuelles de conservation, l’état de ruines des couloirs et cryptes, ne permettent pas de recherches ultérieures.

- Des lettres et autres travaux
Publiés dans Le Journal des Savants.
Le 5 janvier 1665 parait à Paris le premier périodique savant sous forme d’un bulletin hebdomadaire de douze pages, afin de faire connaître sans retard "ce qui se passe de nouveau dans la République des lettres" : le Journal des savants, bibliographie critique des ouvrages savants, compte-rendu des "nouvelles découvertes qui se font dans les arts et les sciences" .
Il connaît un succès rapide avant d’être pris en charge par les académies et la bibliothèque du Roi.

- - Encyclopédie de Diderot et d'Alembert
...il n'en est pas moins certain que la ferrure est en ufage parmi nous. On ne sait si cette pratique étoit générale chez les Romains. Fabretti, qui prétend avoir examiné tous les chevaux représentês sur les anciens monumens, sur les colonnes & sur les marbres, déclare n'en avoir jamais vû qu'un qui soit ferré.

- - Bonnets, Petases, Chapeaux
Différents chapeaux expliqués par la sculpture dans la Galerie Justinienne et d’après Fabretti.

- - Langue française
Les Celtes, originaires de l'Asie, s'appelaient Gail ou Gael, et de ce mot les Grecs ont fait Keltes, et les Romains Galli. L'Alphabet gaulois tiré de Fabretti.

- - Abrégé de la crusca, ou dictionnaire portatif de la langue italienne (Fabretti R.P.)

L’auteur appartient à la Compagnie de Jésus.
La Compagnie de Jésus (Societas Iesu) est un ordre fondé à Rome en 1540 par saint Ignace de Loyola, organisé selon les Constitutions rédigées par le fondateur. Sans rejeter les principes de la vie des moines, ses membres vivent au milieu des autres hommes, pratiquant un apostolat les amenant à se déplacer beaucoup. Elle est dirigée par un Praepositus Generalis, Supérieur général élu à vie, entouré d'assistants dont quatre sont élus. Leurs tâches sont réparties par zones géographiques ou ministère. Ces assistants forment le Conseil consultatif auprès du Général.

Un "admoniteur" conseille le Général, le prévenant quand il agit de manière imprudente ou contraire aux canons de la foi.
Un vicaire général assisté d’un secrétaire s'occupent de l'administration quotidienne.

Les membres sont répartis dans des provinces géographiques, chacune dirigée par un Supérieur provincial assisté d'un socius, secrétaire général en charge de l'administration
Chaque communauté de Jésuites est gouvernée par un recteur assisté d'un "ministre" (ou "serviteur").
Les candidats sont astreints à :
- deux ans de noviciat dans la solitude et la prière se terminant par des vœux simples de pauvreté, de chasteté et d'obéissance
- deux ans d'étude des matières classiques
- trois ans de philosophie, mathématiques et sciences physiques
- ils se vouent à l'enseignement pendant quelques années...
- avant de retourner trois ans à des études de théologie. L'ordination est alors prononcée
- Suivent une quatrième année d'études théologiques et une année de retraite et de prière, avant qu'ils n'achèvent leur formation, devenant ainsi coadjuteur ou profès. Les coadjuteurs prononcent des vœux perpétuels simples de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Les profès font les mêmes mais à caractère solennel. Ils s'engagent à aller là où le pape les enverra et renoncent à toute fonction ecclésiastique en dehors de l'ordre.
Pendant cent cinquante ans, ils dominent l'enseignement européen.

Les missions ont beaucoup d'importance. La correspondance des missionnaires constitue un témoignage ethnologique, historique, scientifique unique d’une valeur exceptionnelle, à l’influence notable sur la philosophie des Lumières.
La spiritualité de la Compagnie repose sur les Exercices spirituels composés par Ignace de Loyola et se caractérise par une obéissance stricte et un grand zèle apostolique.
La Compagnie s'occupe essentiellement d'activités missionnaires, puis se tourne dès 1547 vers l'enseignement, qui devient l'activité principale vers la fin du siècle ; sa devise Ad maiorem Dei gloriam (AMDG) (Pour la plus grande gloire de Dieu), explique la diversité des tâches : enseignement, prédication, missionnaires, directeurs de conscience, théologie, recherches scientifiques, etc.
Dès le XVIe siècle un collège est ouvert à Rome alors que des membres sont déjà au Congo, Brésil et Angola, et dans l'Empire ottoman.
À la mort d'Ignace de Loyola, la Compagnie compte plus d'un millier de membre, et soixante ans plus tard 13 000 dans toute l'Europe où elle lutte contre l'influence protestante, en Extrême-Orient et en Amérique. Mais elle doit faire face à de violentes persécutions dues à sa nouveauté, son soutien inconditionnel au pape, l'efficacité de son organisation centralisée, son influence sur les rois et la haute noblesse, ses positions théologiques et ses méthodes missionnaires d'assimilation.
Au XVIIIe siècle les Jésuites sont chassés du Portugal, de France, d'Espagne, et suscitent une telle opposition que le pape Clément XIV supprime l'ordre. Rétabli, les attaques continuent au XIXe en France où ils sont bannis. Il manifeste aujourd'hui une grande vitalité dans 112 pays.
Le terme Jésuite apparaîtra au XVIe siècle avec une connotation péjorative donnée par les Luthériens.
Ils installent une Maison Professe à Paris, dans le quartier du Marais, accueillant les meilleurs théologiens et scientifiques, avec une grande chapelle, l'église Saint-Louis (aujourd'hui Saint-Paul Saint-Louis). Le cardinal de Richelieu y donne la première messe. La noblesse vient écouter les sermons des prédicateurs, Madame de Sévigné. On y entend la musique de Marc-Antoine Charpentier et Jean-Philippe Rameau, maîtres de musique.
Ils vont tenter de convertir l’Extrême-Orient, les indigènes d'Amériques, et luttent contre l'influence protestante :
XVIe siècle Japon, Pérou, Chine, XVIIe Québec, Tibet, XVIIIe Brésil

Ignace de Loyola naît en 1491 en Espagne, dans une famille de la petite noblesse basque. Jusqu'à trente ans, c'est un homme "adonné aux vanités du monde, avec un grand et vain désir d’y gagner de l’honneur". En 1521 il est blessé au siège de Pampelune.
Pendant sa convalescence il se "convertit", et pendant treize ans parcourt le monde comme "pélerin de Dieu". De 1522 à 23 il mène une vie d'ermite et rédige les Exercices spirituels, puis se rend à Jérusalem, dans les universités espagnoles et celle de Paris. En France, il regroupe six étudiants de qualité (dont Pierre Favre premier prêtre ordonné de la Compagnie) qui décident de ne plus se séparer, et s'engagent en 1534 à professer cinq voeux : pauvreté, chasteté, obéissance au supérieur, obéissance au Pape, et se rendre à Jérusalem convertir les infidèles, ou si le voyage n'est pas possible, se mettre à la disposition du Pape. Ordonné prêtre à Venise en 1537 il célèbre sa première messe à Noël 38. En 1539, il écrit Formula instituti, esquisse des constitutions finales de la Compagnie, acceptée par les pape Paul III et Jules III. En 1541, Ignace de Loyola est élu à l'unanimité général de la Compagnie, et lorsqu'il meurt à Rome en 1556, la Compagnie de Jésus compte plus de mille membres, soixante-douze résidences et soixante-dix-neuf maisons et collèges.

- - Biblioteca Augusta
Anche qui, come negli Acta Eruditorum, sono recensiti libri di argomento vario di autori importanti: libri teologici, fisici e medici, matematici (algebra, geometria), storici e geografici, filosofici e psicologici (Fabretti).

- - Pendant la République Romaine, les citoyens les plus pauvres ont été aidés par des distributions publiques de maïs, d’huile et d'argent, appelées CONGIARIUM. Ces distributions n'étaient pas destinées qu'aux adultes : l'empereur Nerva fut le premier qui en fit bénéficier les enfants, et Trajan ordonna d’en faire chaque mois aux orphelins et aux enfants des parents démunis. Ces enfants se sont appelés Alimentarii Pueri et Puellae.
Des fragments intéressants trouvés chez Velleia, près de Placentia, nous ont appris les sommes qui ont été ainsi distribuées. Ce système a continué sur une plus grande échelle sous Hadrien et Antoine, a cessé sous Commodus et Pertinax, puis a repris sous Alexander Severus, avec le nom de Mammaeani en l'honneur de la mère de l'Empereur. Nous apprenons, d'un décret de Hadrien, que les garçons bénéficiaient de ces avantages jusqu'à dix-huit ans, et les filles jusqu'à quatorze, et, d'une inscription (Fabretti), qu'un garçon de quatre ans et sept mois reçu neuf fois la distribution mensuelle ordinaire de maïs.

- - Mesure du liquide
Mesures de liquide Romaines expliquées par divers récipient en bronze de la collection Foucault et d'après Beger et Fabretti.

- - La Pierre de Chardavon
(45-N5 Alpes Haute-Provence)
Sur quelques inscriptions, les mots sont séparés par des signes en forme de coeur.
On a prétendu que ces coeurs percés étaient un signe d'affliction et de douleur ; d'après cela le Père Papebroch a voulu regarder comme un monument païen la pierre tumulaire qui couvrait le tombeau de Ste Argyris, parce que les mots qui composent son inscription sont séparés par des ornements, ainsi que l'a très bien démontré Boldetti, et que le prouvent un grand nombre d'inscriptions rapportées par Reinesius, Fabretti, et par lui-même, sont communs aux inscriptions païennes et aux inscriptions chrétiennes.

Le long de la petite route qui conduit de la vallée de la Durance au plateau de Chardavon, puis aux hauteurs du Dromon, est gravée sur la face d'un rocher connu sous le nom de peira escricha , pierre écrite. une inscription antique, la plus considérable, la mieux conservée et une des plus précieuses que les Romains ont laissées dans notre pays.
Elle rappelle la carrière et la générosité d'un très haut fonctionnaire, Claudius Postumus Dardanus, prêteur des Gaules en 412-413, qui après une longue carrière civile, s'est retiré avec ses familiers dans ce coin reculé, où il avait une propriété au nom inspiré de l'ouvrage de saint Augustin, avec qui il était en correspondance : locus cui nomen Theopoli est, "La Cité de Dieu".
Il avait doté ce domaine d’un accès viable en faisant élargir le passage, facilitant la communication de Théopolis avec la vallée de Segustero, d'une enceinte et de portes "pour la sûreté de tous" et probablement d'une église. Il faut imaginer cette citée en amont de l'inscription, gravée au point le plus étroit du défilé rocheux, sans doute sur le plateau de Chardavon.

"Claudius Postumus Dardanus, patricien, ex-consulaire de la province viennoise, ex-prêteur des Gaules, et Nevia Galla son épouse, ayant fait couper les pans de la montagne de chaque côté, ont procuré un chemin viable au lieu dont le nom est Théopolis, lieu qu'ils ont fortifié par des murs et des portes ; le travail, fait dans leur propriété particulière et destiné à servir à la sécurité de tous, a été exécuté avec l'aide de Claudius Lepidus, compagnon et frère du sus-nommé."

- - Les ruines de Pompei

Chez les anciens, chacun adoptoit une divinité familière ; les hommes avoient des génies, et les femmes des Junons. (Voyez Pline, lib. Il, cap. 4). Le nom de cette déesse se voit dans plusieurs inscriptions avec cette attribution. (Voyez Fabretti, cap. II, 71, pag. 74).

Pompéi est un village de pêcheurs, au sud-ouest de Naples, sur une petite colline près d'un cours d'eau, le Sarno. Les Grecs s’y installent au VIIe siècle, puis les Étrusques en 470, les Samnites vers 425, et la ville devient colonie romaine en 80. Dotée de nombreux monuments, résidence d'été de riches Romains, elle est endommagée par un premier tremblement de terre en 62 ou 63 après J-C, et ensevelie sous les cendres du Vésuve le 24 août (ou novembre) 79, en pleine reconstruction.
Exceptionnellement préservée sous la couche de lave et de pierres, cette cité antique de Campanie est un remarquable témoin de sept siècles d'histoire.
En 1748, à l'instigation du roi de Naples, les fouilles commencent. Elles révéleront la décoration d’édifices publics et demeures privées, l'abondance et la qualité des fresques et mosaïques, l'urbanisme (murailles, îlots rectangulaires, forum, tribune, salle du conseil, basilique, marchés, statues, thermes, amphithéâtre, villas ne dépassant pas deux étages), la vie quotidienne économique et sociale (vigne, artisanat, auberges, cabarets, lupanars, entreprises de transport). La cité abritait environ 10 000 habitants sur 40 ha construits.

- - Savantes recherches sur :
Le canal souterrain creusé sous le règne de Claude pour l'écoulement des eaux du lac Fucin

CLAUDE (Lyon 10 av JC - Rome 54) Empereur romain.
Chétif et laid, maladif, gauche et timide, de caractère faible, rejeté par sa famille ("une erreur de la nature, un être incomplet, seulement ébauché" aux yeux de sa mère !), il se consacre aux études (littérature, grammaire...), encouragé par sa grand-mère.
Nommé Empereur par la garde prétorienne après l’assassinat de Caligula en 41, gauche, timide, indécis, il envahit la Grande -Bretagne en 43, annexe une partie de la Palestine, contrôle le Royaume d’Arménie, franchit le Rhin en 51 et fonde la colonie d'Agrippine (Cologne), pacifie les rives du Danube.
Il centralise l’Administration, réforme la Justice, promulgue des lois humaines en faveur des petits et faibles (assimilation du meurtre de l'esclave à un homicide, amélioration de la condition juridique de la mère de famille), assure la Police de Rome, règle le commerce des grains, étend le Droit de Cité, lance de grands travaux d’urbanisme (deux nouveaux aqueducs, l'aqua Claudia et l'Anio novus, travail énorme de 5 millions de sesterces, réfection-désensablement du port d’Ostie aux embouchures du Tibre, avec deux immenses jetées lancées en pleine mer et éclairées d'un phare pour former une rade artificielle, lac Fucin asséché).
A l'intérieur, il noie dans le sang les conspirations et tentatives d'usurpation, d’où sa réputation de cruauté.
Mais il se laisse dominer par les femmes. Déjà été marié deux fois, quand il épouse la célèbre Messaline, femme sans pudeur qui pousse l'audace jusqu'à épouser sous les yeux de son mari son amant, un noble romain. Claude la laisse assassiner par Narcisse. L'année suivante, en 49, il épouse sa nièce Agrippine dont il adopte le fils, futur Néron
Il meurt en 54, au cours d’une maladie, empoisonné par sa femme, par l’intermédiaire d’une empoisonneuse, Locuste, qui empoisonne un plat de champignons, son mets favori.
Il a composé une Histoire des Carthaginois, une Histoire des Etrusques, une Apologie de Cicéron, ses Mémoires en latin ou grec.

LAC FUCIN
Situé dans le Lazio, au milieu des Apennins, le lac Fucin est sujet à d'extraordinaires crues menaçant 13 000 habitants répartis dans 13 villages.
Pour l'assècher, Claude fait couper la montagne et creuser un canal de 3 500 pas le reliant au fleuve Lyris : 11 ans de travaux de 41 à 52, 30 000 ouvriers.
Avant de l'assécher, il y organise un combat naval. Quand les combattants crient "Salut, Empereur, ceux qui vont mourir te saluent", il répond : "Peut-être !" Après cette parole résonnant comme une grâce, plus personne ne voulant combattre, Claude se demande s'il les fait périr par le fer ou le feu, se lève, fait le tour du lac d'un pas chancelant et ridicule, tantôt menaçant, tantôt exhortant et les décide à combattre.
Deux flottes, l'une sicilienne, l'autre rhodienne, de douze trirèmes chacune (19 000 hommes), s'élancent l'une contre l'autre au son de la trompette d'un triton d'argent surgi au milieu du lac .
L'Empereur, en brillant manteau militaire, et Agrippine en chlamyde tissue d'or, président au spectacle.
Les rives, les collines se remplisent d'une multitude venue des municipes les plus proches et de Rome même, poussée par la curiosité.

La topographie du Latium
Le Latium, région historique d’Italie centrale, en bordure de la mer Tyrrhénienne, habité depuis le IIe millénaire par les Latins, subit la domination étrusque. Pour lutter contre celle-ci, une trentaine de cités forment la Ligue latine. Au IVe siècle av. J.-C., Rome soumet le Latium et les habitants deviennent citoyens romains.
Drainé par le Tibre au nord et le Garigliano au sud, cette région fascinante -qui s’ouvre dans un alignement nord-ouest sud-est de collines volcaniques enserrant de magnifiques lacs de cratères (Bolsena), s’appuie à l’est sur les hauteurs calcaires de l’Apennin central (Terminillo 2213m) aux pentes éboulées, et ourlée de lagunes, s’étire en plaine littorale marécageuse- offre une grande variété de paysages : vastes plages, grandes pinèdes, monts, collines douces et plaines étendues, riche en monuments artistiques elle évoque une longue histoire extraordinaire.
Tarquinia, Cerveteri e Tuscania, des nécropoles et musées rappellent l’ancien peuple mystérieux des Etrusques (VII-VIe siècle av. J.-C.) qui a dominé l’Italie centrale avant l’ascension de Rome dont les témoignages et ceux des époques successives sont nombreux dans les cinq provinces et chefs-lieux, Rieti, Viterbe, Latina et Frosinone (parc national des Abruzzes) : la Villa Adriana splendide et somptueuse de Tivoli (où se trouve également la Villa d’Este datant de la Renaissance), le Palais Barberini du XVIIe siècle de Palestrina et la Cathédrale d’Anagni.
Le caractère grandiose de la religiosité romaine s'y projete en dehors de Rome : Abbayes du Mont Cassin, de Casamari, de Fossanova et monastères de Subiaco, lieux chers à Saint Benoît de Nursie.


Bibliographie

Mario Luni

RAFFAELLO FABRETTI "ARCHEOLOGO" URBINATE

PRINCIPE DELLA ROMANA ANTICHITÀ

Urbino 2000

Contributi di Franco Negroni

Acclude la ristampa anastatica della "Vita di Raffaello Fabretti Urbinate", a cura di Domenico Riviera e Giovanni Mario Crescimbeni.

Editore Accademia Raffaello

Danilo Mazzoleni (a cura di), Raffaele Fabretti, archeologo ed erudito. Atti della Giornata di Studi, 24 Maggio 2003, Pontificio Istituto di Archeologia Cristiana, Città del Vaticano, 2006, ISBN 8885991408

LES PAPES - CHRONOLOGIE

Paul V 1605 1618 naissance de RaffaeleGrégoire XV 1621 naissance d’Adrien Auzout
Urbain VIII 1623 naissance de Pascal - 1626 naissance de Christine de Suède - 1636 Raffaele passe son doctorat - 1642 mort de Galilée
Innocent X 1644 Raffaele revient d’Espagne - 1646 naissance de Leibniz - 1650 mort de Descartes
Alexandre VII 1655 arrivée de Christine à Rome - 1656 épidémie de peste - 1662 mort de Pascal
Clément IX 1667 1668 Adrien Auzout part en Italie
Clément X 1670 1674 création de l’Accademia Reale
Innocent XI 1676 Raffaele est vicaire - 1680 De aquis... - 1683 De Columna...
Alexandre VIII 1689 mort de Christine - 1690 visite de Leibniz - collection d’inscriptions - création de la Société Arcadienne
Innocent XII 1691 Raffaele garde les archives secrètes du "Vatican" - 1699 Inscriptionum... - mort d’Adrien AuzoutClément XI 1700 mort de Raffaele

LIENS

http://www.iath.virginia.edu/rome/fabretti/index.htm
http://www.uic.edu/depts/lib/projects/resources/iasi/columna.html
http://jjfabretti.blog4ever.com (Généablog) http://jjfabretti.zeblog.com

Johann Friedrich GRONOVIUS (Hambourg 1611-Leyde 1671), érudit et critique allemand. Après avoir étudié dans plusieurs universités, il voyage en Angleterre, France et Italie, est nommé professeur de rhétorique et d’histoire à Deventer, et à la chaire grecque à Leyde, où il meurt.

Dans cette polémique Fabretti a employé le pseudonyme "Iasitheus", gardé comme nom pastoral dans l'Académie des Arcadiens.

- LES AQUEDUCS ROMAINS :
Il fait la première recherche systématique du système d'aqueducs romains, alors que les études sérieuses sur la façon dont la ville éternelle obtenait son eau ne commenceront qu'au XVIIe siècle. Son traité, De aquis et aquaeductibus veteris Romae dissertationes tres (1680), est cité comme référence par tous les spécialistes de la topographie romaine. Bien que les résultats n'aient jamais été invalidés, et en dépit de son énorme importance, il n'a jamais été traduit du latin original. Sa contribution mérite bien plus d’attention qu'elle n’en a reçu.

Il est de nombreuses années Gardien des Archives Secrètes du Castel Sant'Angelo et Canonico di San Pietro, avec le titre de Monseigneur. Il reste célibataire comme il est d'usage à l'époque. Il échappe à la peste de 1656... Et meurt octogénaire des suites d'un rhume pour avoir voulu se promener en voiture dans le froid de la via Nomentana à Rome. Sa tombe et son buste sont dans l'Église "Santa Maria Sopra Minerva" au Pantheon, dans la nef de gauche (8) en bonne compagnie (33 Fra Angelico - 34 Leon X - 35 Clément VII).

Canonico - Chanoine : Nom donné d'abord aux cénobites, puis à tous les clercs.

Clerc séculier, membre d'un corps dit chapitre qui, attaché à une église cathédrale ou collégiale, sert de conseil à l'évêque.

SAINT-PIERRE
La Basilique Saint-Pierre est construite sur l'emplacement du tombeau de l'apôtre Pierre, dans la nécropole où il fut crucifié en 64 ou 67, lieu d'identification de la religion chrétienne, culte officiel de l'empire romain, par Constantin de 315 à 326, date de son inauguration.
Complètement dégradée après plus d'un millénaire d'histoire, elle est restaurée au XVe siècle, arrêtée, le projet modifié pour l'édification d'une nouvelle cathédrale. Les travaux, confiés en 1506 à Bramante qui détruit la basilique et commence ce qui est la plus grande cathédrale de la chrétienté (193m de long sur 120m de haut, plan en croix latine à 3 nefs), dureront jusqu'en 1626.
Le coeur de la basilique est la tombe de saint Pierre, surmontée de l'autel majeur, du baldaquin monumental en bronze de le Bernin, de la coupole de Michel-Ange (1546, 131m de diamètre, subdivisée en 16 nervures qu'éclairent 16 fenêtres). Y sont représentés les 16 premiers Papes, les 12 apôtres, saint Paul, le Baptiste, Marie et le Christ, 4 rangées d'anges.
Lieu de couronnement des empereurs d'Occident de 800 (Charlemagne) à 1452 (Frédéric III), elle abrite de nombreuses reliques : la montée au Calvaire (le linge de Véronique), le supplice du Golgotha (sainte Hélène qui retrouva le bois de la Croix), la mort du Christ (saint Longin et la lance), et tombes papales (les 16 premiers Papes).
Le Colisée est en partie détruit aujourd'hui parce qu'il a surtout servi pour les nouvelles constructions du moyen-âge... et la basilique Saint-Pierre a hérité de ses pierres.
"Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux".

Via Nomentana
Via Nomentana, ancienne voie romaine au nord-est de Rome, sont déposées Constance et Hélène, filles de Constantin, dans un splendide mausolée.

A côté Constance édifie, dès le IVe s., la Basilique de Sainte Agnès, à proximité de la tombe de la jeune martyre. L'église actuelle est au-dessus de la tombe de la sainte. La mosaïque de l'abside est un des plus purs exemples d'art byzantin à Rome. A partir de l'église, on accède aux catacombes où est déposé le corps.

SANTA MARIA SOPRA MINERVA
Sa façade massive cache une vue unique à Rome: voûtes ogivales bleu et or, vitraux aux lumières roses, colonnes corinthiennes, sol en marbre. Une énigme gothique bâtie sur l'emplacement d'un temple à Minerve, commencée en 1280, terminée en 1370, transformée à la Renaissance et au Baroque, et mal ramenée à son état médiéval au XIXe siècle.

Pourquoi est-ce le seul exemple d'architecture gothique à Rome, à l'ombre de la structure classique la plus parfaite de Rome, le Panthéon ?

Pourquoi cette surabondance de trésors artistiques : chapelles, tombeaux de grandes familles romaines, mémoriaux, monuments funéraires de papes et cardinaux, sarcophages, statues, fresques, peintures, portraits, bustes et mosaïques.
Et les fantômes qui hantent cette église :

- Catherine de Sienne (1347-1380), dont le corps sans tête est sous l'autel principal, qui a joué un rôle politique important en persuadant les papes de revenir d'Avignon à Rome.

- Giovanni de Fiesole (1387-1455), Fra Angelico (33), moine dominicain peintre de la Renaissance qui a décoré des chapelles privées du Vatican.

- Leo X (Giovanni de Medici, 1513-1521) (34) et Clément VII (Giulio de Medici, 1523-1534) (35).

- Paul IV (1555-1559), grand inquisiteur de la Contre-Réforme, pontife dominicain grave et redouté responsable de l'index des livres interdits et de l'emprisonnement des juifs. Sa statue à la bouche ricanante et menaçante est effrayante.
- Michelangelo représenté par une statue du Christ le Rédempteur, commencé en 1519 et terminé par un de ses élèves (28).

Des fresques magnifiques de Filippino Lippi, exécutées de 1488 à 92, dépeignent le "triomphe" de Saint Thomas d'Aquin, dominicain, probablement le plus grand théologien médiéval. Au-dessus, des compositions dont il est impossible de décrire la beauté.

Il existait à Rome en 2006 une Fondation inspirée de l'oeuvre de Fabretti, au soin des derniers descendants de sa famille, dont le siège est situé 68 via Nicola Salvi prés de la Pio Sodalizio dei Piceni (Dr Giorgio FABRETTI).

"Cette Fondation est encore active à cette adresse, à ses derniers descendants, via Nicola Salvi 68, Roma 00184, tél. 0039 06 4817418, email : fondofabretti@hotmail.com. Sa dernière initiative est une conférence à Rome, du 20 au 28 janvier 2008 au Castel Madama, avec la Sapienza Università di Roma, au sujet des aqueducs romains et en particulier (contribution de la Fondo Fabretti) de la création du premier musée au monde sur les aqueducs, le musée Raffaele Fabretti, dans l'ancien Castle Colonna de la petite ville de San Gregorio da Sassola (Roma), idée et projet sous la direction scientifique du Professeur Giorgio Fabretti, historien et antropologue, Presidente del Fondo Fabretti."
(Information complémentaire relative à la Fondation Raffaele Fabretti (Fondo Fabretti), aimablement communiquée par le Professeur d'Architecture Alessandro Camiz de la Sapienza Università di Roma, que je remercie vivement)

La Fondation a réuni les oeuvres et matériels biographiques sur Raffaele Fabrettide : il Pontificio Istituto di Archeologia Cristiana (in Vaticano), l'Università di Urbino (Prof. Mario Luni), il Pio Sodalizio dei Piceni (in Roma), la Fondazione "Raffaello" (in Urbino), l'Accademia Americana di Roma (nei pressi del Gianicolo).

Giorgio Fabretti, né en 1951 à Rome, professeur à la Sapienza Università di Roma, anthropologue et historien, a étudié depuis plus de trente ans des modèles logiques et cognitifs (relatifs à la connaissance) d'innombrables cultures, recherches trouvant application en consultations institutionnelles et géopolitiques et dans l'enseignement universitaire, en Italie et aux USA.


Par Jean-Jacques FABRETTI
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Samedi 31 janvier 2009

 

Raphaël

Raphaël : de l’hébreu "Dieu nous guérit"

(Raphael - Raphaelis - Rafaelle - Raffaelle - Raffaello - Raffaele)

(Fabretti - Fabretto - Fabrettus - Fabbretti)

 

Monsignore Raffaello Fabretti, Archevêque de l’Archidiocèse d’Urbino, est le plus ancien personnage retrouvé de la saga Fabretti, le plus illustre par l’intensité de vie et la qualité de l’ oeuvre !

Evêque : Prélat chargé de la direction spirituelle d'une circonscription territoriale réglée à l'origine sur les diocèses de l'administration romaine et comprenant un certain nombre de paroisses. Les évêques ont le titre de Monseigneur.
Archevêque : Prélat ayant un certain nombre d'évêques pour suffragants.
Suffragant : se dit des évêques à l'égard du métropolitain dont ils dépendent.
Archidiocèse : circonscription ecclésiastique placée sous la responsabilité d’un archevêque.
Diocèse : circonscription administrative établie en Asie mineure par les Romains.
Plus tard sousdivision de l'empire romain, sous Constantin, gouvernée par un vicaire.
Étendue de pays sous la juridiction d'un évêque.
Vicaire : Adjoint à un supérieur pour le remplacer en certaines fonctions.

Terme d'antiquité. Gouverneur d'un diocèse, qui exerçait son autorité au nom des préfets du prétoire.

Ecclésiastique qui assiste un évêque ou un curé dans ses fonctions.
Paroisse : Circonscription dans laquelle un curé dirige le spirituel.

De nobles origines, né à Urbino (Marches) en 1618, il étudie le droit à Cagli et Urbino, où il passe le degré de docteur à dix-huit ans (1636).

 

LES MARCHES

Au centre de l'Italie, entre les Appenins et la côte Adriatique, une très petite région touristique connue, les Marches -d'un antique mot allemand signifiant "pays le long de la frontière" (Saint Empire Romain)- doucement vallonnée de la mer à la montagne, entre dans l'histoire -bien que l'on retrouve des traces d'il y a 100 000 ans- au 9e siècle av. J-C avec les "Picenus", peuple d'origine controversée installé dans le sud de la région en ayant suivi un oiseau sacré, un pic. Divisés en tribus indépendantes avec leurs propres langues, ils étaient incapables de former une administration politique. Soumis par les Athéniens en 395 av. J-C, la seule mémoire de ce peuple est la ville d'Ascoli Picenno.

Les Marches en 295 av. J-C intègrent l’Empire Romain qui construit des routes, toujours utilisées, afin d'unir les états satellites à Rome. Les Marches sont un pluriel à cause du nom des fiefs des nobles. "La Pax Romanum" dure plus de 300 ans jusqu'à l'invasion des Goths, puis l'exarchate byzantin, et Charlemagne vers la fin du VIIIe siècle.

Partie des états papaux, le territoire est entre les mains de seigneurs locaux et les villes principales règnent en communes libres. Au XIIe siècle la commune d'Ancona résiste aux autorités impériales de Frederick Barbarossa et de la République de Venise.

Les Marches sont gouvernées par des moines et prêtres qui construisent de nombreux monastères et cathédrales sur tout le territoire, lieux de prière d'art et de gouvernement.
La Renaissance voit la région se déchirer entre les familles aristocratiques rivales, les maisons de Malatesta de Rimini et de Fano, et Montefeltro d'Urbino. Au XVIe siècle elle est encore partie des états papaux . La dernière entité indépendante, le duché d'Urbino, est dissoute en 1631, la République d'Ancona (1797) est créée pendant la période napoléonienne, puis la région fusionne avec la République romaine, le royaume d’Italie (1808-1813) et le 4 novembre 1860 est annexée au royaume unifié d'Italie par un plébiscite.

L'église perd son pouvoir, mais les édifices religieux sont toujours classés comme musées eu égard aux objets d'art des plus importants trouvés en leurs murs.

Les Marches sont surtout formées de communautés rurales (principalement agriculture et pêche). L'équipement moderne n'est pas accepté, et jusqu'à 1965, il n'était pas inhabituel de voir dans un champ une charrue en bois tirée par des vaches, maintenant un rituel de vie lent.

Le territoire marchigiano, divisé en cinq provinces -Ancona, Ascoli Piceno, Fermo, Macerata, Pesaro e Urbino- jouxte au nord-ouest la République de Saint Marin, au nord l'Émilie Romagne, à l'est la Mer Adriatique, au sud les Abruzzes et le Lazio, à l'ouest l'Ombrie et la Toscane.

Le port d'Ancona fonctionnait en système traditionnel de mezzadria, les produits étant également divisés entre propriétaires et cultivateurs de la terre, à cause du sol improductif et du terrain difficile.

Puis les Marches développent les secteurs industriels des chaussures, papier, meubles, construction navale, fournissant un grand contingent de marins à la marine italienne.

URBINO
L'antique Urbinum Mataurense, dont l'emplacement des murs peut encore être tracé, et ses environs sont riches en inscriptions. Détenue par les Goths, sous Pépin partie du domaine pontifical, elle devient commune au XIe siècle. Elle prend de l’importance, devenant capitale du comté de Montefeltre. En 1213 Bonconte de Montefeltro est élu podestà d'Urbino, mais les habitants se rebellent, formant une alliance avec la commune de Rimini (1228), et en 1234 deviennent maîtres de la cité. Eux et leurs descendants furent les chefs des Gibelins (parti politique, partisan de l’Empereur dans les luttes qui opposèrent l’Empire et la Papauté aux XIIIe et XIVe siècles). Federico I (1296-1322) augmenta le domaine, mais les taxes exorbitantes provoquèrent son assassinat et la cité reconnut la suprématie papale.

La ville d'aspect médiéval, aux rues étroites et tordues, située sur une colline entre les vallées de Metaurus et de Foglia, dans une région montagneuse mais cultivée, est dominée par le palais ducal érigé par Luciano da Laurana, architecte de Dalmatie, de 1460 à 1482. Considéré par les contemporains comme la résidence idéale, sa cour est la plus belle de la Renaissance, excepté peut-être celle du Cancelleria à Rome. Il contient une collection d'inscriptions antiques constituée par Raffaele Fabretti.

Urbino a une université libre fondée en 1564 avec des facultés de droit, mathématiques-physique, une école de pharmacie et obstétrique, et un hôpital fondé en 1265.

Elle est un des premiers centres d'activité d'art et littérature en Italie. Piero della Francesca y a écrit son travail sur la science de la perspective.

Au XVIe siècle l'état d'Urbino est un des principaux centres de production de la majolique, la plupart des pièces les plus fines étant destinées aux ducs. Parmi les noms distingués de la ville, lieu de naissance du Pape Clément XI, notons Bramante, le plus grand architecte de son temps.
La modeste maison de Raffaele est maintenant propriété d'une société des artistes, formant un musée de ses gravures et autres travaux. Un monument lui a été érigé sur la piazza en 1897. Le théâtre est un des premiers d'Italie ; la première comédie italienne du cardinal Na Bibbiena et Raphael y a été exécutée. La magnifique bibliothèque réunie par le Montefeltro et des ducs de Della Rovere a été transférée à la bibliothèque du Vatican en 1657. La ville a fabriqué de la soie, de la majolique et des briques.

 

Pontificia Accademia Ecclesiastica 1710 (Vatican).

Le Castel Sant’Angelo
Le Castel Sant’Angelo, sur la rive droite du Tibre, face au pont Saint-Ange, non loin du Vatican, est une rotonde massive en travertin recouvert de marbre, sur une solide base carrée, surmontée d'un quadrige de bronze mené par l'empereur Hadrien. Construit en 135 pour servir de mausolée à sa lignée, ses cendres, celles de sa femme et de son fils adoptif, y sont entreposées dans la Salle du Trésor, une chambre profonde.

HADRIEN (76-138)
D'une famille italienne émigrée en Espagne, orphelin à 12 ans, il est recueilli à Rome, juge à 19 ans, courageux et d’une grande endurance physique commandant de l’'armée à 20, Gouverneur à 31, Conseiller privé à 35, et en 117 Empereur à la mort de Trajan, cousin éloigné qui l’avait adopté.
Il renonce aux conquêtes, réorganise l’armée, les institutions juridiques et financières, le pouvoir central, mène une nouvelle politique agricole.
Très intelligent et instruit, d’une mémoire prodigieuse, très fin d’esprit et passionné d’architecture, art grec, il fait construire le Panthéon et encourage les arts et lettres.

Nombreux voyages à travers tout l’Empire.
Il meurt dans d’horribles souffrances, les cœur et poumons lui provoquant de terribles crises d’étouffement, après un suicide raté et le refus de ses amis de mettre fin à ses jours.

Très vite, le bâtiment est détourné de ses fins funéraires pour devenir militaire, intégré en 403 à la muraille aurélienne comme bastion avancé, puis après l’attaque des Goths, inclus en 547 dans une structure fortifiée protégeant la rive droite. Le quartier prend le nom de Borgo.
En 590, Grégoire Ier a une vision de l’archange Michel sur les créneaux, lui annonçant la fin de l’épidémie de peste. D'où le nom et la statue de Saint Michel terrassant le démon qui coiffe l'ouvrage.
Après le pillage par les Sarrasins de la basilique Saint-Pierre, Léon IV (847) relie le Borgo dévasté par une muraille, formant la "cité léonine".
Le château est ensuite transformé en prison (dont personne ne s'échappa), où quatre Papes du IXe siècle meurent.
Les papes de la Renaissance en font leur refuge en cas d'attaque, ajoutant bastions et appartements privés. En 1277, Nicolas III bâtit un couloir suspendu reliant le château au Vatican, le passeto, offrant ainsi une possibilité de fuite rapide.

Quand Urbain V (1362) quitte Avignon pour rentrer à Rome, il se fait remettre non les clefs du château qui reprend le rôle de forteresse protégeant le Vatican.
En 1389, Boniface IX restaure le château à demi en ruines, y fait percer une large rampe hélicoïdale à sens unique de 125 mètres le long permettant le transport de vivres et munitions. Des meurtrières sont creusées. Des logements sont aménagés pour le Pape.
En 1527, le Pape Clément VII s’y réfugie lors du Sac de Rome, et Giordano Bruno y est emprisonné sept ans.

Giordano BRUNO (1548 près de Naples - 1600 Rome) (Filippo Bruno)
Philosophe, théologien, prêtre italien de la Renaissance, il acquiert une connaissance approfondie de la mnémotechnique à 14 ans, du latin, Aristote, Saint Thomas d'Aquin, Platon, Érasme, de la métaphysique, la cosmologie, et s'initie à l'ésotérisme, l'astrologie, et la cabale.
Il entre en 1565 chez les Frères prêcheurs du prestigieux couvent dominicain San Domenico Maggiore, vit selon la devise verba et exempla (par le verbe et l'exemple) et est ordonné prêtre en 1573.
Il proclame l'existence d'un Dieu unique se manifestant dans la nature hors de toute religion révélée, Dieu est la substance et la vie de toutes choses (natura naturans), l'univers un animal infini dont Dieu est l'âme, reflet d'une divinité unique dirigeant toute chose, univers vivant où tout, de l’animal au minéral, possède une âme.
"l’Univers est infini, peuplé d’une multiplicité de mondes analogues au nôtre"
Il affirme que la sphère des étoiles fixes n’existe pas, mais qu’elles sont des soleils !
Accusé d'hérésie, il fuit en 1576, menant une vie errante à travers l’Europe (Italie, Chambéry 1578, Genève 1580, Lyon, Toulouse, enseigne au Collège de France à Paris, Angleterre 1583, Allemagne 1587)
Revenu en Italie, trahi, il est dénoncé au Saint-Office en 1592, blanchi à Venise mais transféré et incarcéré au château Saint-Ange.
Chefs d’accusation : repousse les images saintes, le dogme de la Trinité, la virginité de Marie, pratique l’art divinatoire, croix en la métempsycose, affirme que Jésus n'est pas Dieu, mais un magicien exceptionnellement habile, que l'Esprit Saint est l'âme du monde, et qu'il faudra aussi que le Diable fût sauvé le jour du Jugement dernier...
"Le roi Henri III me fit appeler un jour, et me demanda si cette mémoire que je possédais et que j’enseignais était une mémoire naturelle ou si elle était obtenue par la magie, je lui démontrais qu’elle n’était pas obtenue par la magie mais par la science".
"Je ne recule point devant le trépas et mon cœur ne se soumettra à nul mortel."
"Je ne crains rien et je ne rétracte rien, il n'y a rien à rétracter et je ne sais pas ce que j'aurais à rétracter."
Condamné au bûcher :
"Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à l'accepter."
Nu avec un mors l'empêchant de parler il est brûlé vif, refusant le crucifix qu’on lui tend, sur le Campo Dei Fiori, où en 1889, les franc-maçons italiens lui érigent une statue.
Une loge créée en 1985, de l'obédience du Grand-Orient, porte son nom.
Bruno est un pionnier en astronomie, physique, philosophie.

Bibliographie non exhaustive :
Candelaio (1582) (Le Chandelier), comédie satirique

Della causa, principio e uno (1584) (La cause, le principe et l’un)

Dell'infinito, universo e mondi (1584) (De l’infini, l'univers et les mondes)
Dans ces ouvrages il expose une vision cosmographique audacieuse et révolutionnaire dépassant les thèses coperniciennes.

Spaccio de la bestia trionfante (1584) (L’expulsion de la bête triomphante) s'attaque aux attitudes calvinistes et catholiques.
Cabala del cavallo Pegaseo (La cabale du cheval Pégase), opuscule satirique, démolissant la référence aristotélicienne.

De gli eroici furori (1585) (Les fureurs héroïques) élimine l’idée d’un monde centré, en présentant un univers où Dieu n’a plus de lieu.

De innumerabilibus, immenso, et infigurabili (1591) réexamine sa cosmographie.

De monade numero et figura (1591), réflexion sur le rapport entre nombres et figures géométriques. De triplici minimo et mensura, sur l’infiniment petit, précurseur des études sur l’atome.

De imaginum, signorum et idearum compositione (De la composition des images, des signes et des idées), qui introduit un prodigieux système mnémotechnique.

On pénètre dans le château par sa seule entrée, au bout du pont Saint Ange à trois arches orné de statues, et on accède à la rampe.

Impressionnant par ses forme circulaire, escaliers chausse trappe, cours suspendues, raffinement extrême des appartements papaux, fresques, salle de bains, cours de théâtre décorée de fresques sépia, cellules, oubliettes, salles d'armes, et superbe vue du haut de la terrasse de l'Ange, Rome et ses alentours à 360 ° .

UN ARCHEOLOGUE DU XVIIe SIECLE.
Urbino se rappelle son grand humaniste et archéologue Raffaele Fabretti mort il y a 300 ans (2000). Dans sa maison natale aura lieu une inauguration de ses écrits conservés à la bibliothèque de l'Université d'Etudes, et à l'Académie de Raffaello une exposition de la médaille commémorative exécutée par le sculpteur Antonio Fontanoni. À Pian del Monte, dans le jardin public, sera dévoilé le buste en bronze de l'archéologue. Enfin, dans la salle didactique de la Galerie Nationale des Marches, contiguë à la cour d'honneur du Palais Ducal, Angela Donati, du Département d'Histoire Antique de l'Université de Bologne, illustrera la figure du chercheur mort en 1700.

Antiquaire, collectionneur, érudit et écrivain d'épigraphes, Raffaello Fabretti est universellement reconnu prince studieux de l’antiquité romaine. Né en 1620 de noble famille urbinate, il cultive son intérêt pour l'archéologie et les épigraphes de Rome, là où il a la charge de diriger les fouilles des nécropoles de Rome et des environs. Il constitue une des plus vastes collections existantes d'inscriptions de monuments (épigraphes, bas-reliefs) vers 1690 dans son habitation principale d'Urbino et sa maison de campagne de Fontesecca, 4676 pièces objet de minutieuses descriptions dans un volume illustré qu’il publie à la fin du XVIIe siècle.

Cette collection constitua le noyau essentiel de la récolte d'inscriptions antiques exposées en 1756 par le Cardinal Legato Giovan Francesco Stoppani au Palais Ducal où elle peut encore être vue aujourd'hui dans le Musée Archéologique.
Museo archeologico di Urbino. Storia e presentazione delle Collezioni Fabretti e Stoppani, 1986

 

Il est conseiller culturel de trois papes, inspirateur de la fondation du mouvement littéraire de l'Arcadia, au secrétariat de laquelle il appelle son jeune protégé, Giovanni Mario Crescimbeni (1663-1728), littérateur italien, né à Macerata (Ancône) auxquel nous devons la biographie des Fabretti qu’il publia en 1708, utilisant une précédente oeuvre de l'Abbé urbinate Domenico Riviera.

Fondée en 1690, la Société Arcadienne, première académie italienne à admettre des femmes, était principalement consacrée à la réforme de la littérature italienne, par un rejet des vanités baroques en faveur d’un langage clair de forme simple.

Il fréquente le cercle de la Reine Christine de Suède.

CHRISTINE DE SUEDE (Kristina Vasa), (1626 Stockholm - 1689 Rome), reine de 1632 à 54, élevée comme un garçon, devient à six ans "la reine Christine" à la mort de son père.

Elle met fin à certains conflits. La paix de Westphalie, signée en 1648, fait de la Suède la première puissance nordique. Couronnée en 1650, elle renonce à son trône en 54, abdique en faveur de son cousin Charles Gustave, et quitte sa Suède natale le jour du couronnement.

Habillée en homme, avec une suite réduite de douze personnes, elle traverse l'Allemagne, la Hollande protestantes, parvient aux Pays-Bas espagnols -premier pays catholique de son itinéraire- où elle est reçue par l'archiduc Léopold. Son séjour de onze mois à Anvers et Bruxelles lui vaut une réputation de lesbienne libertine scandaleuse.

Elle arrive à Rome en novembre 1655, où le nouveau Pape Alexandre VII lui déroule le tapis rouge : le collège des cardinaux, à la porte de la ville, l'accompagne avec la noblesse romaine jusqu'à la basilique Saint-Pierre où elle se prosterne devant l'autel. Pour l'Eglise, la conversion d'un personnage aussi important représente une victoire sur l'hérésie protestante. Le jour de Noël, elle retourne à Saint-Pierre faire sa première communion qu'elle reçoit des mains du Pape qui l'invite à dîner -honneur extraordinaire pour une femme- avant qu'elle ne soit escortée en procession au Palais Farnèse, mis à disposition par le duc de Parme.
Comme elle refuse d'adopter les moeurs d'une catholique dévote, la curie prend ses distances.

Elle revendique le trône de Naples, fait alliance avec le duc de Guise et Mazarin qui voulait fonder une dynastie Bourbon servant de contrepoids à la puissance de l'Espagne.

Trahie par son écuyer Monaldeschi qui prévient les Espagnols, elle le fait assassiner par trois gardes dans la Galerie des Cerfs. Christine rentre en Italie, envisage un instant de revendiquer le trône de Pologne, et se fixe à Rome.

En 1674, elle y crée l'Accademia Reale équivalente à l'Académie française.

Protestante, elle se convertit au catholicisme après son abdication, mais se montre cependant émue du sort des protestants de France, subissant la politique de conversion forcée du pouvoir royal. D'esprit très ouvert, féministe avant l'heure, très cultivée et sportive pour l'époque, elle écrit des livres et discute avec de nombreux savants philosophes et artistes dont Blaise Pascal et René Descartes, parle plusieurs langues, suédois, allemand, italien, latin et français -langue de l'élite européenne de l'époque- fait venir en Suède nombre de personnalités.

Son mode de vie -opposée au mariage, maîtresse du comte Magnus de la Gardie- et sa liberté d'expression ne sont pas du goût des protestants luthériens.
Fréquentant les jésuites, tourmentée par le besoin de Dieu, elle devient très croyante et ascète comme Pascal.

Elle meurt en 1689 à Rome. Son corps repose au Vatican, dans la basilique Saint-Pierre (les Saintes-Grottes).

Blaise PASCAL (1623-1662) savant, penseur, écrivain français. Génie précoce, il écrit à onze ans une dissertation acoustique et assimile seul la géométrie euclidienne
Théorème de Pascal (1639), calcul des probabilités, calcul intégral, hydrostatique
1647 "Les sens sont seuls les principes et maîtres"

1654 Traité du triangle arithmétique - calcul des probabilités
Les Pensées

"Misère de l’homme sans Dieu. Félicité de l’homme avec Dieu".

René DESCARTES (1596 - Stockholm 1650) savant et philosophe français. Entre à 10 ans au collège des Jésuites de La Flèche où il apprend les mathématiques et prend connaissance des découvertes que Galilée fait grâce au perfectionnement de la lunette astronomique. Il passe une licence de Droit à Poitiers en 1616, puis voyage à travers l’Europe. Il a une révélation en Allemagne le 10 novembre 1619 : les lois de la nature sont d’essence mathématique
Dioptrique (lois d’optique : théorie mathématique de la lumière)
1636 Météores (explication de phénomènes naturels)
Géométrie (bases de la géométrie analytique : géométrie / algèbre - calcul infinitésimal)
- 1637 Discours de la méthode (principes de la pensée scientifique, ébauche d’une métaphysique)
"ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je la connusse évidemment être telle"
"diviser chacune des difficultés... En autant de parcelles qu’il se pourrait... Pour mieux les résoudre"
"conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples... Pour monter peu à peu jusqu’à la connaissance des plus compliqués"
"faire partout des dénombrements... Et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre"
1641 Méditations métaphysiques (le plus sûr moyen d’éprouver ses certitudes est d’essayer d’en douter)
"Cogito ergo sum" "Je pense donc je suis"
"Tout ce qui est est espace ou conscience"

1644 Principes de philosophie
- 1645 Traité des passions de l’âme
Parti à la Cour de Christine de Suède, il prend froid un jour d’hiver et meurt d’une pneumonie.

Sa maison de Borgo Pio devient un salon intellectuel européen, où les spécialistes de passage trouvent hospitalité et stimulations culturelles. Un de ses amis préférés, Adrien Auzout, est un mathématicien français avec lequel il fait de longues promenades discutant de mécanismes et mesures, une des passions intellectuelles de l'époque.

 

Adrien AUZOUT (Rouen 28 janvier 1622 - Rome 23 mai 1691), astronome et physicien.
Fils d’un clerc à la cour de Rouen, Adrien Auzout fréquente dans cette ville Blaise Pascal. En 1648, il entame une correspondance épistolaire avec Marin Mersenne, puis rejoint le cercle savant autour de Henri Louis Habert de Montmor. Il plaide, à la suite d’observations en 1664-65, en faveur de l'orbite elliptique ou parabolique de comètes, s’opposant à Johannes Hevelius. Il est un des membres fondateurs de l’Observatoire royal de_Paris. Acquis aux idées de Huygens, il travaille en 1667-68 avec Jean Picard à appliquer la lunette astronomique au quart de cercle et à construire le micromètre à fil mobile pour mesurer le diamètre apparent des petits objets et des corps célestes. Ils sont les premiers à mesurer avec exactitude le degré d'arc du méridien terrestre entre Sourdon, au sud d'Amiens, et Malvoisine, au sud de Paris.En 1666, il entre à l’Académie des Sciences mais la quitte en 1668 à la suite de sa vive critique de la traduction de Vitruve par Claude Perrault. Il part pour l’Italie où il passe les vingt dernières années de sa vie.
On a donné son nom au cratère d’Auzout sur la Lune.
Publications :
Lettre de M. Auzout du 17 juin à M. Petit, etc. (1665). À propos d'une fausse observation d'Hevelius sur la comète de 1665.
Lettre à M. l'abbé Charles sur le « Ragguaglio di due nuove osservationi, etc. », da Giuseppe Campani, avec des remarques où il est parlé des nouvelles découvertes dans Saturne et dans Jupiter et de plusieurs choses curieuses touchant les grandes lunetes (1665)
Manière exacte pour prendre le diamètre des planètes (1667)
Traité du Micromètre (1667)
Lettres sur les grandes lunettes

 

 

Les travaux de Raffaele

- Son interprétation de certains passages d’auteurs classiques l'implique dans une controverse avec Gronovius.

- L’Aqua Alexandrina , construit par Alexandre Severus, prend sa source dans les terres de Tusculum

Johann Friedrich GRONOVIUS (Hambourg 1611-Leyde 1671), érudit et critique allemand. Après avoir étudié dans plusieurs universités, il voyage en Angleterre, France et Italie, est nommé professeur de rhétorique et d’histoire à Deventer, et à la chaire grecque à Leyde, où il meurt.

Dans cette polémique Fabretti a employé le pseudonyme "Iasitheus", gardé comme nom pastoral dans l'Académie des Arcadiens.

- LES AQUEDUCS ROMAINS :
Il fait la première recherche systématique du système d'aqueducs romains, alors que les études sérieuses sur la façon dont la ville éternelle obtenait son eau ne commenceront qu'au XVIIe siècle. Son traité, De aquis et aquaeductibus veteris Romae dissertationes tres (1680), est cité comme référence par tous les spécialistes de la topographie romaine. Bien que les résultats n'aient jamais été invalidés, et en dépit de son énorme importance, il n'a jamais été traduit du latin original. Sa contribution mérite bien plus d’attention qu'elle n’en a reçu.

Il est de nombreuses années Gardien des Archives Secrètes du Castel Sant'Angelo et Canonico di San Pietro, avec le titre de Monseigneur. Il reste célibataire comme il est d'usage à l'époque. Il échappe à la peste de 1656... Et meurt octogénaire des suites d'un rhume pour avoir voulu se promener en voiture dans le froid de la via Nomentana à Rome. Sa tombe et son buste sont dans l'Église "Santa Maria Sopra Minerva" au Pantheon, dans la nef de gauche (8) en bonne compagnie (33 Fra Angelico - 34 Leon X - 35 Clément VII).

Canonico - Chanoine : Nom donné d'abord aux cénobites, puis à tous les clercs.

Clerc séculier, membre d'un corps dit chapitre qui, attaché à une église cathédrale ou collégiale, sert de conseil à l'évêque.

SAINT-PIERRE
La Basilique Saint-Pierre est construite sur l'emplacement du tombeau de l'apôtre Pierre, dans la nécropole où il fut crucifié en 64 ou 67, lieu d'identification de la religion chrétienne, culte officiel de l'empire romain, par Constantin de 315 à 326, date de son inauguration.
Complètement dégradée après plus d'un millénaire d'histoire, elle est restaurée au XVe siècle, arrêtée, le projet modifié pour l'édification d'une nouvelle cathédrale. Les travaux, confiés en 1506 à Bramante qui détruit la basilique et commence ce qui est la plus grande cathédrale de la chrétienté (193m de long sur 120m de haut, plan en croix latine à 3 nefs), dureront jusqu'en 1626.
Le coeur de la basilique est la tombe de saint Pierre, surmontée de l'autel majeur, du baldaquin monumental en bronze de le Bernin, de la coupole de Michel-Ange (1546, 131m de diamètre, subdivisée en 16 nervures qu'éclairent 16 fenêtres). Y sont représentés les 16 premiers Papes, les 12 apôtres, saint Paul, le Baptiste, Marie et le Christ, 4 rangées d'anges.
Lieu de couronnement des empereurs d'Occident de 800 (Charlemagne) à 1452 (Frédéric III), elle abrite de nombreuses reliques : la montée au Calvaire (le linge de Véronique), le supplice du Golgotha (sainte Hélène qui retrouva le bois de la Croix), la mort du Christ (saint Longin et la lance), et tombes papales (les 16 premiers Papes).
Le Colisée est en partie détruit aujourd'hui parce qu'il a surtout servi pour les nouvelles constructions du moyen-âge... et la basilique Saint-Pierre a hérité de ses pierres.
"Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux".

Via Nomentana
Via Nomentana, ancienne voie romaine au nord-est de Rome, sont déposées Constance et Hélène, filles de Constantin, dans un splendide mausolée.

A côté Constance édifie, dès le IVe s., la Basilique de Sainte Agnès, à proximité de la tombe de la jeune martyre. L'église actuelle est au-dessus de la tombe de la sainte. La mosaïque de l'abside est un des plus purs exemples d'art byzantin à Rome. A partir de l'église, on accède aux catacombes où est déposé le corps.

SANTA MARIA SOPRA MINERVA
Sa façade massive cache une vue unique à Rome: voûtes ogivales bleu et or, vitraux aux lumières roses, colonnes corinthiennes, sol en marbre. Une énigme gothique bâtie sur l'emplacement d'un temple à Minerve, commencée en 1280, terminée en 1370, transformée à la Renaissance et au Baroque, et mal ramenée à son état médiéval au XIXe siècle.

Pourquoi est-ce le seul exemple d'architecture gothique à Rome, à l'ombre de la structure classique la plus parfaite de Rome, le Panthéon ?

Pourquoi cette surabondance de trésors artistiques : chapelles, tombeaux de grandes familles romaines, mémoriaux, monuments funéraires de papes et cardinaux, sarcophages, statues, fresques, peintures, portraits, bustes et mosaïques.
Et les fantômes qui hantent cette église :

- Catherine de Sienne (1347-1380), dont le corps sans tête est sous l'autel principal, qui a joué un rôle politique important en persuadant les papes de revenir d'Avignon à Rome.

- Giovanni de Fiesole (1387-1455), Fra Angelico (33), moine dominicain peintre de la Renaissance qui a décoré des chapelles privées du Vatican.

- Leo X (Giovanni de Medici, 1513-1521) (34) et Clément VII (Giulio de Medici, 1523-1534) (35).

- Paul IV (1555-1559), grand inquisiteur de la Contre-Réforme, pontife dominicain grave et redouté responsable de l'index des livres interdits et de l'emprisonnement des juifs. Sa statue à la bouche ricanante et menaçante est effrayante.
- Michelangelo représenté par une statue du Christ le Rédempteur, commencé en 1519 et terminé par un de ses élèves (28).

Des fresques magnifiques de Filippino Lippi, exécutées de 1488 à 92, dépeignent le "triomphe" de Saint Thomas d'Aquin, dominicain, probablement le plus grand théologien médiéval. Au-dessus, des compositions dont il est impossible de décrire la beauté.

Il existait à Rome en 2006 une Fondation inspirée de l'oeuvre de Fabretti, au soin des derniers descendants de sa famille, dont le siège est situé 68 via Nicola Salvi prés de la Pio Sodalizio dei Piceni (Dr Giorgio FABRETTI).

"Cette Fondation est encore active à cette adresse, à ses derniers descendants, via Nicola Salvi 68, Roma 00184, tél. 0039 06 4817418, email : fondofabretti@hotmail.com. Sa dernière initiative est une conférence à Rome, du 20 au 28 janvier 2008 au Castel Madama, avec la Sapienza Università di Roma, au sujet des aqueducs romains et en particulier (contribution de la Fondo Fabretti) de la création du premier musée au monde sur les aqueducs, le musée Raffaele Fabretti, dans l'ancien Castle Colonna de la petite ville de San Gregorio da Sassola (Roma), idée et projet sous la direction scientifique du Professeur Giorgio Fabretti, historien et antropologue, Presidente del Fondo Fabretti."
(Information complémentaire relative à la Fondation Raffaele Fabretti (Fondo Fabretti), aimablement communiquée par le Professeur d'Architecture Alessandro Camiz de la Sapienza Università di Roma, que je remercie vivement)

La Fondation a réuni les oeuvres et matériels biographiques sur Raffaele Fabrettide : il Pontificio Istituto di Archeologia Cristiana (in Vaticano), l'Università di Urbino (Prof. Mario Luni), il Pio Sodalizio dei Piceni (in Roma), la Fondazione "Raffaello" (in Urbino), l'Accademia Americana di Roma (nei pressi del Gianicolo).

Giorgio Fabretti, né en 1951 à Rome, professeur à la Sapienza Università di Roma, anthropologue et historien, a étudié depuis plus de trente ans des modèles logiques et cognitifs (relatifs à la connaissance) d'innombrables cultures, recherches trouvant application en consultations institutionnelles et géopolitiques et dans l'enseignement universitaire, en Italie et aux USA.


Puis il va à Rome étudier le droit et entre très jeune dans l'administration de l'Etat Pontifical avec des charges de diplomatie et magistrature. Il se fait remarquer par le Cardinal Imperiali Lorenzo, qui l'emploie comme trésorier puis auditeur de la légation papale en Espagne où il reste treize ans, ne négligeant pas les études classiques et anciennes. Lors de son retour il fait des observations importantes sur des reliques et monuments d'Espagne et France où il rend visite à Ménage avec qui il correspondra, ainsi qu’avec Mabillon, le Père Hardouin, Spanheim.

Gilles MENAGE, écrivain français (1613-1692), entame une carrière d'avocat avant de devenir abbé et se consacrer entièrement à ses travaux. Philologue érudit, juge de l'esprit et du goût dans les salons et réunions (les Mercuriales) qu'il tenait chez lui, admiré de Mesdames de La Fayette et Sévigné, il prend part dans des querelles littéraires, comme le respect de la règle de l'unité de temps. Il publie un ouvrage condamnant les intrusions de l'Académie française sur la langue, est l'auteur de plusieurs études linguistiques et de grammaires d'où est tiré le premier grand dictionnaire étymologique de notre langue. Poète à ses heures, l'ensemble de ses madrigaux, épigrammes, épîtres, églogues, bons mots et remarques critiques sont rassemblés dans un recueil posthume intitulé Menagia.

Dom Jean MABILLON, Bénédictin et érudit français (1632-1707), bibliothécaire à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, anime une société érudite. Il établit des collections de vies de Saints fondées sur une recherche critique, fait progresser l'étude scientifique des documents médiévaux et défend le travail intellectuel des religieux.
Traité des études monastiques.
Le Révérend Père Jean HARDOUIN de la Compagnie de Jésus, Jésuite et historien français (1646-1729), est connu pour ses polémiques au sujet de l'authenticité de la plupart des textes hérités de l'Antiquité. Il publie une édition critique des textes conciliaires.

"...Le R.P. Hardouin de la Compagnie de Jésus, étoit extrêmement doux dans le commerce de la vie civile ; il joignoit à un savoir immense une conversation liante, qui le faisoit aimer de tous ceux qui l'approchoient. Mais la crainte d'être trompé lui fit prendre des mesures excessives. Il parvint enfin à s'imaginer, qu'à l'exception de six Auteurs profanes, & de la Bible Vulgate, tout ce que nous avons des Monumens anciens étoient autant de supercheries inventées par des misérables & des fripons des XIIIe & XIVe siécles, qui vouloient détruire la Religion. Ces Auteurs étoient Homére, Hérodote, Plaute, Pline l'ancien, & quelques parties de Virgile & d'Horace..."

Il était bibliothécaire à Louis le Grand.

Friedrich SPANHEIM, historien de l'église réformée, (1632 Genève-1701), professeur de dogmatisme à Heidelberg et de théologie à l'université Leiden, sera jusqu'à sa mort professeur académique, théologien contradictoire, prédicateur et chef de bibliothèque.
Il est gardien des membres de l'Eglise réformée orthodoxe et combat dans ses ouvrages le Cartésianisme.

Il gravit la hiérarchie administrative, est nommé Juge de l'Appellation du Capitole, auditeur de la légation à Urbino, vicaire d'Innocent XI (1676) et se consacre à la recherche antique examinant avec un soin minutieux les monuments et inscriptions de la Campanie, aux études d'histoire et d'archéologie sur les aqueducs romains et la Colonne Traiana.

LA CAMPANIE
La Campanie, de campus = campagne-terre plate et Capua-Capoue, région d'Italie méridionale s'étendant à l'ouest de la chaîne des Apennins, est déjà peuplée au Néolithique, occupée par des colonies grecques (fondation de Naples), phéniciennes, étrusques et sunnites -VIIe IIIe siècles-, par les Romains -IIe - (routes, agriculture). L'éruption du Vésuve détruit Pompei en août 79.
Domination lombarde, byzantine, normande (royaume de Sicile). La croissance économique démarre au XIIIe où Naples est capitale du sud de l'Italie. Déclin économique grave sous la domination espagnole aux XV XVIe siècles, mais la puissance revient sous les Bourbons aux XVII XVIIIe (agriculture, industries).
Ses terres fertiles, tabac, céréales, vignobles, oliviers, orangers, citronniers, tomates, entourent le Golfe de Naples, capitale de la Pizza et du folklore italien, la Tarantelle. La région, dominée par la dangereuse silhouette du Vésuve, célèbre volcan toujours en activité, est divisée en 5 provinces : Avellino, Bénévent, Caserte, Naples, Salerne

Le campanile :

La Campanie est célèbre dans les premiers siècles de l'ère chrétienne pour sa métallurgie, en particulier la fabrication de cloches et sonnailles. Les premiers monastères reprennent cet usage pour avertir les moines des diverses prières et offices religieux, et les églises comportent peu à peu des clochers ou campaniles séparés pour des cloches de plus en plus grosses.

Le 20 février 1690 Leibniz vient le voir, lors d’un séjour en Italie.

Gottfried Wilhem LEIBNIZ (1646-1716) Philosophe et mathématicien allemand pour qui l’esprit est la seule réalité substantielle et dont le nom est lié au calcul différentiel, à la science du mouvement ou dynamique.

Il lutte pour la réunion des églises chrétiennes, conscient de la crise à venir.

Il établit la théorie des monades : l’étendue est divisible en parties, donc agrégat de substances. L’inertie est résistance donc force. Ces unités simples actives sont les monades.

La perception est l’expression du multiple dans l’un. Les monades perçoivent l’univers entier mais n’en ont pas conscience. Elles tendent à la perception la plus claire et la plus distincte. Cette lutte, c’est ce qui existe.

Il y a harmonie préétablie, déterminisme moral, Dieu ayant choisi le meilleur monde possible.
Toutes les idées sont virtuellement en l’homme, mais il a besoin de l’expérience pour les éclaircir.

Innocent XII (1691) lui confie la garde des archives secrètes du Castel Sant’Angelo, charge qu'il maintient jusqu'à sa mort à Rome le 7 janvier 1700.

(voir Raffaele FABRETTI - suite)
Par Jean-Jacques FABRETTI
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Dimanche 5 août 2007

Bonjour à tous,

En attendant les acteurs de la saga FABRETTI, venez lire sur :

http://jjfabretti.blog4ever.com
http://gw.geneanet.org/cialiarut

de l'aristocratie noire au petit cordonnier, les marques de l'histoire...

Merci et mandi

Par Jean-Jacques FABRETTI - Publié dans : Cialiarût
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Mardi 29 mai 2007

anti_bug_fckNonno Emilio (18 avril 1888 Nimis-15 mars 1935 Aubergenville) épouse en premières noces Caterina TREPPO qui lui donne :
- Mon parrain Guido Giovanni (13 septembre 1912 Nimis-11 novembre 1962 Chartres), comme l’oncle d’Amérique Giovanni TREPPO de Floriston en Californie
- Bruno (4 février 1914 Nimis) né sous une bien sombre étoile
- et Vilma Caterina (16 août 1915)


Octobre 1914, la Grande Guerre débute, la France est en mauvaise posture face à l'Allemagne. Mussolini, rédacteur en chef du journal socialiste anti-interventionniste "Avanti !", appelle l'Italie à s'engager militairement à ses cotés. Il est mis à la porte et expulsé du parti. Il fonde alors "il Popolo d'Italia" où il fait campagne en faveur de la guerre.
La grande majorité des italiens, socialistes en tête, souhaite monnayer la neutralité de l'Italie. Le 26 avril 1915, au nom de "l'égoïsme sacré" (opter pour le camp qui promet le plus), l'Italie signe avec l'Entente (France, Grande-Bretagne, Russie) le traité secret de Londres par lequel elle obtient des concessions territoriales contre son entrée en guerre : Frontière des Alpes jusqu’au Brenner, l’Istrie, la Dalmatie, la Libye, l’érythrée, une partie de l’Asie Mineure. Et le 24 mai 1915 elle déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie.
Mussolini, soldat exemplaire, nommé caporal pour ses actes de bravoure en février 1916, est gravement blessé en février 1917, transporté vers l'arrière puis réformé.
La guerre s'éternise. Des provocateurs socialistes déclenchent de graves émeutes, comme l’insurrection du 23 août 1917 à Turin, avec saccages et barricades, provoquant 57 morts et des centaines de blessés dans l’affrontement entre forces de l'ordre et insurgés.


1917, Emilio est à la guerre, la "grippe espagnole" frappe, emportant Caterina. Luigi, l’arrière grand-père, la suit dans les mêmes jours, le 30 janvier. Le village, commotionné, les enterre en un unique service religieux.


La "grippe espagnole", mutation particulièrement sauvage, un des plus grands fléaux de l'humanité, a tué 15 à 50 millions de personnes, (8 pour la Première Guerre Mondiale), frappant les individus de 20 à 40 ans d'une bronchite si sévère qu'ils meurent par suffocation.
Elle s'est abattue en trois vagues : La première, été 1918, cloue le malade au lit trois jours, la deuxième à l'automne et la troisième en janvier 1919 le tuent en trois jours, faisant dix fois plus de victimes que la première.
Et le virus originel disparaît sans laisser de trace.
D'où venait-il ? Trois versions :
L’Espagne :
En 1917, un Espagnol, le docteur L., aurait découvert au Pérou la formule El Sapo (le crapaud) appartenant à la célèbre pharmacopée Inca.
Cette formule extrêmement dangereuse provoque des mutations par l'effet d'un agent catalyseur, les diastases du sang de crapaud.
Bien que prévenu du danger, il se retire dans son laboratoire andalou, et commence à entretenir des bouillons de culture qu'il inocule à un cochon.
Mais une culture mute, donnant une souche virulente qui tue l'animal.
Au lieu d'incinérer le cadavre, le docteur l’autopsie et continue ses études.
Sa femme et son fils tombent malades et meurent, premières victimes du fléau que l'on baptisa "grippe espagnole". La souche virulente contamine tout le village, la province, l'Andalousie, l'Espagne. En 1918, la maladie ravage la Terre. 
Chine :
Apparue en février 1918 en Chine (Canton), puis dans les camps militaires aux USA, elle aurait suivit l'armée américaine en Europe, ou l'immigration importante en provenance de Chine.
Amérique :
Les premiers cas d’épidémie auraient été détectés en Caroline du Sud.
Introduite en Europe par l'armée américaine en avril 1918, elle se propage au sein des forces armées, s'étendant en Italie et en Espagne, d'où le nom de "grippe espagnole". De là, elle s'étend à l'Europe entière, puis dans les colonies.


Bruno va chez la tante Orsola de Feletto et Guido chez sa grand-mère Caterina MINI.


En octobre, sur le front de l'Isonzo, a lieu la terrible défaite de Caporetto (Kobarid, localité slovène sur l'Isonzo, près de la frontière italienne).
Le Général Luigi Cadorna, Commandant de l'armée italienne, avec ses tentatives répétées de percer le front de l'Isonzo, et bien qu'il ait gagné peu de territoires et subit de lourdes pertes, avait affaibli les forces Austro-Hongroises et inquiété les Allemands par sa victoire à Gorizia en août 1916. Ils décident d'effectuer une opération commune contre les Italiens, pour prévenir l'effondrement de l'Autriche-Hongrie :
Douze divisions d'assaut, sous les ordres de von Below, se concentreront dans la région de Caporetto pour percer en direction de Cividale et Udine.
Deux armées autrichiennes appuieront l’attaque pour contourner l'aile droite de l'armée italienne.
Le Général Krauss, descendant des Alpes, tentera d'envelopper l'aile gauche.
Cette manoeuvre veut anéantir l'armée italienne et organiser une nouvelle invasion de la France, par le Sud, selon les révélations du Général von Below, l'objectif réel étant Lyon.
L'offensive du 24 octobre 1917 est un succès foudroyant. Bien que Cadorna ait été averti à temps des projets allemands par des déserteurs, il laisse dégarni le front de Caporetto qui est enfoncé, après une courte préparation d'artillerie aux obus à gaz cyanhydrique provoquant une mort instantanée par paralysie du centre respiratoire cérébral.
Ce matin là, l’artillerie ennemie donne en continu. 4h30 silence total... 6h30 l’enfer : Sous des tourbillons de neige rendant la visibilité impossible, les troupes de choc austro-allemandes forcent les lignes italiennes par surprise et s'emparent de toute l'armée ennemie. Ce n'est que fuite sauvage et éperdue. 8h assaut final.
La "Justice aux armées" essaie de réagir, fusillant les officiers fuyards. Plus de 100 000 déserteurs.
Le 25, tout le front italien se replie. Le 27, le jeune lieutenant Rommel capture 2 000 prisonniers et l'ennemi s'empare de Cividale, le 28 entre à Udine, siège du GQG italien, le 30 occupe Codroipo et San Daniele et le 3 novembre, marche en direction de Venise, Padoue et Vicence.
Le 4, Cadorna donne l'ordre de retraite jusqu'au fleuve Piave. Il est limogé le 9 et remplacé par le Général Armando Diaz.
Les pertes italiennes se montent à 37 000 tués, 91 000 blessés et 335 000 prisonniers.


L'armée autrichienne envahit donc le Frioul par la route de Caporetto. La tante Orsola part, cherchant à éloigner le plus possible ses êtres chers, mais dans l'affolement perd Bruno à la gare d'Udine. Elle ne sait pas qu’un officier de l'armée italienne l’a trouvé ; Bruno vivra dans sa famille à Turin.


Pour secourir l'allié, le 27 octobre, la Xème armée française embarque pour l'Italie, et d'autres troupes passent les Alpes à pied.
Le 12 novembre, Conrad von Hötzendorff, commandant l'armée du Tyrol, attaque et prend Feltre, mais il est arrêté par les troupes de renfort.
Regroupés sur la rive droite de la Piave, les Italiens réussissent à contenir l'ennemi. En août 1918 ils reprennent l'initiative et en octobre remportent la victoire de Vittorio-Veneto qui contraint l'Autriche-Hongrie à demander l'armistice, signé le 4 novembre 1918 à la Villa Giusti.
L'Italie est victorieuse. Elle a remporté de remarquables succès sur terre, sur mer avec ses vedettes lance-torpilles, dans les airs avec 763 victoires pour 166 avions perdus. C'est l'euphorie et tous les Italiens attendent l'application du traité de Londres !
Mussolini, à la direction du journal, soutient les combattants en fustigeant défaitistes et profiteurs, dénonçant l'injustice qui fait peser sur les plus pauvres "l'impôt du sang". Il propose que les parasites soient neutralisés et que les anciens combattants aient une place privilégiée dans le gouvernement d’après guerre, exercé par un homme énergique et impitoyable pour faire place nette.
1919 Il crée les Squadri "Faisceaux de combat".
1920 Grève socialiste, à Milan et Turin, combattue par les fascistes.
1921 Fondation du Parti National Fasciste.
28 octobre 1922 Marche sur Rome. Le Roi charge Mussolini de constituer un gouvernement avec les fascistes.
1923 Création d’une milice.
1924 Victoire électorale des fascistes.


Après des années de recherche les FABRETTI retrouvent Bruno. Vers 1930, Emilio et Caterina VENERIO (2 octobre 1892 Nimis-3 juillet 1938 Aubergenville) ma grand-mère, leurs enfants Luigi Girolamo (16 juillet 1919 Nimis-13 novembre 1994 Elisabethville), Augusto Pietro mon père (14 décembre 1921 Nimis-11 août 1985 Elisabethville), décident de venir en France, passent à Turin mais Bruno refuse de les suivre et de quitter la ville, ses amis et parents "adoptifs".


L'histoire de Turin commence au IIIème siècle Av. J.-C. le long des rivages du Pô avec les premières tribus "taurines", descendant de la fusion des celtoligures avec des populations gauloises à la recherche de plaines cultivables. Pendant l'expansion romaine en Italie septentrionale, l'endroit est le théatre de guerres, réconciliations et alliances avec Rome, jusqu'à la fondation par Jules César d'un véritable centre militaire au plan carré entouré de remparts, le "castrum". Garnison pour surveiller la frontière nord sous Auguste, la ville prend le nom d'Augusta Taurinorum en 29-28 Av. J.-C.
Porte principale des Alpes occidentales, à la chute de l'Empire, Turin est assujetti aux Goths, aux Lombards et aux Francs qui établissent un comté au VIIème siècle. Une longue période suit où la Savoie s'insère dans un complexe jeu de forces de batailles et d'alliances entre Empire, évêques, feudataires jusqu'à ce que Turin soit concédée à la Savoie de l'Empereur Frédéric II.
En 1404, fondation de l'Université. Avec l'unification administrative et politique de toutes les provinces début XVème siècle le Duc de Savoie fait de Turin la capitale qui, en 1536 passe sous domination française. La ville compte à la fin du siècle 10 000 habitants. Puis le Duc Emanuele Filiberto transfère la capitale de son règne à Chambéry.
En 1620, son successeur Carlo Emanuele I confie à l'architecte Carlo Castellamonte la réalisation du premier agrandissement au sud :
Dans la partie la plus ancienne, comme la Piazza Castello, les édifices prennent leur aspect actuel : Le Palais Royal bâti sur les ruines de l'ancien Palais Episcopal, le Palazzo Madama construit où s'élevait l'ancienne porte Praetoria romaine, le château de la famille d'Acaja, l'église de San Lorenzo et la Cappella della SS. Sindone (chapelle du Saint-Suaire), de Guarino Guarini, dont les coupoles animent et allègent l'élégance un peu sévère de la place dessinée par Vittozzi.
Mais cet essor est brusquement stoppé en 1630 par une terrible épidémie de peste.
Entre les XVIIème et XVIIIème siècles la ville présente la physionomie d'une capitale rigoureuse et austère réservant luxe et faste pour l'intérieur des édifices du gouvernement et de la noblesse. La Piazza San Carlo, coeur de la ville, en est un des exemples les plus élégants.
Puis la ville affronte une longue période de guerre, aboutissant en 1706 au siège des Français, rompu par l'arrivée des troupes alliées autrichiennes et le sacrifice héroïque de Pietro Micca dans les galeries souterraines de la Citadelle.
La Basilique de Superga, projet confié à Filippo Juvarra, est érigée entre 1714 et 1717 en signe de gratitude.
En 1792, Vittorio Emanuele III entre en guerre contre la France révolutionnaire, qui annexe le Piémont quelques années plus tard. La domination française début XIXème siècle démantèle l'enceinte fortifiée, donnant espace, forme et vie, places harmonieuses et accueillantes. Par le traité de paix avec l'Autriche en 1850, Turin assume un rôle culturel et politique national et en 1861 est choisie comme capitale avec la proclamation de l'Unité d'Italie. Elle entame sa croissance industrielle.
Puis viennent les années de durs combats de la Seconde Guerre Mondiale : Les brigades fascistes font des carnages, comme celui du 18 décembre 1922. A la gare centrale de Porta Nuova, les wagons blindés emmènent les déportés vers les lagers et les camps de concentration nazis.
Turin fut une des villes les plus antifascistes d'Italie, où la Résistance fut un véritable mouvement organisé jusqu'à la Libération.

Le Saint Suaire :
Ce linceul de lin de 4.36 m par 1.10 m, portant les empreintes frontale et dorsale d'un homme mort crucifié comme Jésus -détails des tortures, traces des clous, couronne d'épines, flagellation, blessure au côté, absence de fractures aux jambes- est présent mi XIVème siècle à Lirey en France. Il aurait été vu précédemment en Orient à Edessa et Constantinople, et transporté en Europe pendant les Croisades. En 1453 il est cédé aux Ducs de Savoie et suit la famille régnante lors du transfert de la capitale de Chambéry à Turin en 1578. Depuis 1694 il est conservé dans la splendide Cappella della Sacra Sindone que Guarino Guarini construisit entre la Chiesa di San Lorenzo et le Palazzo Reale ("Sindone" en grec signifie pièce de toile pouvant servir de linceul). Depuis 1983 le Saint Suaire, légué par Umberto II de Savoie au Pape, appartient au Saint Siège.
Photographié pour la première fois en 1898 par Secondo Pia, le négatif du linceul montre tous les "signes".
Mais comment l'image s'est-elle formée ? Voici les résultats des recherches effectuées ce siècle :
- L'image n'est pas une peinture, elle a été imprimée par le cadavre d'un homme flagellé et crucifié.
- La reconstitution informatique montre des caractéristiques tridimensionnelles n'appartenant ni aux peintures ni aux photographies normales.
- Des pollens de fleurs attestent la présence du Saint Suaire non seulement en Europe mais aussi au Proche-Orient.
- Des analyses indiquent la présence de sang humain du groupe AB.
- Pas de traces de pigments colorants.
- L'épreuve de datation au Carbone 14, en 1988, attribue une date entre 1260 et 1390.
Mais des études expérimentales plus récentes remettent en cause ces résultats au sein même de la communauté scientifique.


Bruno part à Tripoli en 1937, où il rencontre Adèle BAGA (1910) qu’il épouse le 19 février 1938.


La Libye doit probablement son nom aux Libou qui attaquent l'Egypte pharaonique à partir du XIIème siècle av. J.-C. La côte libyenne a une grande importance commerciale, avec l'or du Soudan qui y parvient après avoir traversé le Sahara.
Dès le VIIIème siècle, les Phéniciens fondent des comptoirs commerciaux sur la côte de Tripolitaine, parmi lesquels Leptis Magna, Oea (Tripoli) et Sabratha, conquises par Carthage au Vième siècle.
Véritables têtes de pont vers l’Afrique, elles facilitent les contacts avec les tribus de l’intérieur et drainent les produits recherchés du commerce saharien : Or, ivoire, animaux sauvages, esclaves… Sabratha fait fortune grâce à l’envoi de bêtes féroces vers les arènes de Rome.
La Cyrénaïque, à l'ouest, est quant à elle colonisée par les Grecs au VIIème siècle (fondation de Cyrène en 631, invasion en 643). Elle est particulièrement prisée pour les céréales, les chevaux fameux dans tout le monde antique, et surtout le silphion, plante médicinale aux vertus extraordinaires, mais aussi condiment exporté en quantité massive, qui assure la richesse commerciale de la région pendant plusieurs centaines d’années. Elle est l’emblème de la monnaie de la cité.
Durant le Ier siècle av. J.-C., les trois régions qui forment l'actuelle Libye -Tripolitaine, Cyrénaïque et Fezzan- passent sous domination romaine (146 chute de Carthage, 106 débarquement, 74 Libye province romaine). La Libye, riche et fertile, devient l'un des greniers de l'Empire romain et connaît un essor remarquable peu après le début de l’ère chrétienne.
Mais les temps changent.
La région connaît un grand brassage de population, et accueille une très forte colonie juive, qui, à la suite de la prise de Jérusalem en 70, se révolte contre le pouvoir. L’insurrection s’étend en Egypte, Syrie, à Chypre et dans les autres pays du Levant. La répression est terrible et sauvage : Plus de cent mille morts et le saccage de tous les monuments publics.
En 365, Sabratha est détruite par un tremblement de terre.
Le pays entame son déclin après les invasions Vandales en 455, puis est reconquis par les Byzantins à partir de 533.
En 641, conquête arabe et islamisation. Mais les Berbères s'y opposent et rallient massivement le kharijisme, mouvement rigoriste dissident de l'Islam. Gouvernées successivement par les Omeyades, les Aghlabides et les Fatimides, ces régions sont en partie conquises en 1146 par les Normands, qui les abandonnent bientôt aux Almohades.
En 1551 elles passent sous suzeraineté ottomane. Tripoli et les ports côtiers deviennent des bases pour les corsaires turcs qui écument la Méditerranée et contrôlent le commerce avec le Soudan.


Mais le soleil cache de lourds événements.


28 septembre 1911, prétextant des provocations turques, l'Italie, qui veut s'établir en Tripolitaine, envoie un ultimatum à la Turquie et commence les hostilités le lendemain. Elle annexe Tripoli et la Cyrénaïque. Février 1912, elle bombarde Beyrouth, partie de l'empire Ottoman, occupe Rhodes et le Dodécanèse. En représailles, la Turquie expulse 70 000 Italiens.
Juillet 1912, les deux pays entament des négociations qui s'achèvent en octobre par le traité de Lausanne où la Turquie abandonne la Tripolitaine. La Libye devient autonome et revient à l’Italie.
Ethiopie :
Mussolini veut offrir à son pays un empire colonial digne de son rang : Le 2 octobre 1935, l’Italie attaque l’Ethiopie pour se venger de la défaite d’Adoua du 1er mars 1896.
Dix divisions appuyées par les chars et l'aviation, 400 000 hommes, se ruent sur ce pays misérable et le prennent en tenaille à partir des colonies italiennes de Somalie et d'Erythrée. Mais, malgré les bombardements et l'utilisation de l'ypérite et du phosphore, il faudra plusieurs mois pour venir à bout de la résistance éthiopienne et chasser le souverain, le négus Haïlé Sélassié.
2 mai 1936, les Italiens pénètrent dans la capitale Addis-Abéba, et le 9 mai proclament le roi Victor-Emmanuel III Empereur d'Ethiopie.
1er juin 1936, Mussolini annonce à Rome la naissance de l'Africa Orientale Italiana.
La SDN condamne l’Italie qui se soude autour du Duce. Déçu, mis au ban des nations, il se rapproche d’Hitler.


Sergio et Luciano naissent en 1938 et 1940.

Et les canons tonnent, c’est la guerre du désert.


1939 Pacte d’amitié et d’alliance Italie-Allemagne, le "pacte d’acier".
Quand Mussolini déclare la guerre aux alliés le 10 juin 1940, l’armée italienne compte déjà 1 000 000 d’hommes en Libye. Elle veut s’emparer de l’Egypte et du canal de Suez vitaux pour les 36 000 britanniques gardant le canal et les gisements de pétrole, qui souhaitent, eux, prendre la Tunisie et pénétrer en Afrique du Nord.
Le 13 septembre 1940, le Maréchal Rodolfo Graziani et cinq divisions de l'armée italienne entre en Egypte mais stoppe devant les britanniques de Wavell qui, bien que dépassés en nombre, contre-attaquent le 9 décembre, repoussent les Italiens sur plus de 800 km, et prennent Tobrouk le 22 janvier 1941. 
Hitler, choqué par les défaites de l'armée italienne, envoie l'Afrika Korps et le Général Rommel qui attaque le 24 mars et en avril repousse l'armée britannique hors de la majeure partie de la Libye.
Le 18 novembre, offensive de la VIIIème armée britannique forçant les Allemands à la retraite.
Rommel abandonne le siège de Tobrouk le 4 décembre mais, avec des renforts de Tripoli, lance une contre-attaque le 26 mai 1942 avec ses Panzers. Inférieur en nombre de moitié, il regagne la Cyrénaïque, Tobrouk, Bir Hakeim et El-Alamein le 21 juin, capturant plus de 35 000 britanniques, mais faute de carburant, doit s’arrêter.
Montgomery, à la tête de la VIIIème armée, repousse Allemands et Italiens, reprend le terrain perdu en octobre, et en janvier 1943 Tripoli et la Tunisie. La moitié de l'armée de Rommel est tuée ou prisonnière.


Bruno part à Caracas au Venezuela avec sa famille, comme photographe, travaillant pour le prestigieux National Geographic.


Le Venezuela est découvert par Christophe Colomb en 1498.
Fondée en 1567, Caracas compte à peine 2 300 âmes à la fin du XVIIème siècle.
L'exploitation des perles, les plantations de canne à sucre, tabac, cacao, café, coton et indigo sont les principales activités. Le développement des plantations explique l'importation d'esclaves noirs et la naissance d'une société coloniale. La bourgeoisie créole, ne supportant pas le monopole des compagnies royales, se lance dans la contrebande.
Héritier des tendances indépendantistes, le Libertador Simón Bolívar inflige une sévère défaite aux loyalistes en 1820. Le Venezuela fait partie de la République de Grande-Colombie (Venezuela, Colombie, Panama et Équateur) qui éclate à la mort de Bolívar en 1830.
Le général José Antonio Páez devient Président de la République. Les conservateurs restent au pouvoir jusqu'en 1847. Des rébellions épuisent le pays de 1858 à 1863.
Il connaît la prospérité sous le Général Antonio Guzmán Blanco qui supprime les couvents, crée l'enseignement primaire gratuit et obligatoire, instaure le mariage civil, organise l'administration, protège et stimule les arts sciences et lettres, fait construire routes et voies ferrées.
Mais le XIXème siècle s'achève dans le bruit de bottes. La guerre civile ébranle le pays, Caracas est prise par le caudillo Cipriano Castro en octobre 1899. Il s'aliène les Européens à cause de la dette impayée.
Juan Vicente Gómez impose de 1908 à 1935 un régime de fer.
L'économie se transforme avec la découverte, en 1922, d'importants gisements de pétrole. Le dictateur octroie de larges facilités aux compagnies étrangères et, dès 1926, l'or noir devient la première exportation du pays.
Ne bénéficiant pas des retombées économiques, ouvriers et intellectuels se révoltent en 1928.
Quand Gómez meurt, en 1935, son ministre de la Guerre et de la Marine, Eleazar López Contreras, lui succède. Il libéralise le régime (réglementation du travail, création d'assurances sociales...) et stimule le développement industriel, mais le pays reste rural et sous-développé. La démocratisation se poursuit sous le Général Isaías Medina Angarita (légalisation du Parti communiste, établissement de relations diplomatiques avec l'URSS) avant que le parti de l'Action démocratique (AD) ne le renverse en 1945 avec la junte de Rómulo Betancourt qui assume le pouvoir et lutte contre l'impérialisme et l'oligarchie.
Une nouvelle Constitution est élaborée avec un Président de la République élu au suffrage universel, qui sera en 1947 l'écrivain Rómulo Gallegos, candidat de l'AD.
Sa politique progressiste, vote des femmes, réforme agraire, effraie la bourgeoisie et l'armée reprend le pouvoir en novembre 1948.
Le colonel Pérez Jiménez exerce la dictature à partir de 1952. Il est chassé en 1958 par un soulèvement regroupant militaires, étudiants et ouvriers.


Bruno revient à Turin en 1965 où, depuis, toute la famille vit :
- Sergio, sa femme Maria BARBIERI (1943 Istria), leurs filles Daniela (1972), Viviana (1974) et leur fils prénommé Bruno (1975) en mémoire de son grand-père disparu cette année là.
- Luciano et sa femme Carla BARBERIS (1939), Germana (1970) et Sheila (1972) leurs deux filles.


Facoltà di Architettura-Politecnico di Torino - Tesi di Laurea - Architettura e sensi : Gli elementi "immateriali" nel progetto di Germana Fabretti
Précepteurs : Eugenia Monzeglio et Germana Bricarello
La première approche de la connaissance de l'environnement, de la ville et de ses architectures, est le travail de nos sens qui, de l'extérieur, s’élaborent dans nos esprits.
Le rapport entre le bâtiment et l'homme est dû à la sensibilité et la culture personnelles travaillant ensemble afin de créer chaque jugement et opinion.
Sur la base de cette idée la dissertation doctorale est développée en deux parties : La perception en tant qu'expérience phénoménale, la perception de l'objet architectonique en ses éléments, incitation de notre faculté de sensation. Les éléments "immatériels" identifiés par la lumière, les couleurs, bruits, odeurs, répondant aux besoins normaux des utilisateurs : La puissance expressive de ces éléments conditionne l'habitat, influence le comportement, le bien-être psychophysique ; l'architecture est accomplie par ces éléments immatériels dans une perception totale, comme les lumières et les couleurs participant à l'atmosphère créée par le bruit de l'eau débordante.
Actuellement la tendance projecturale, l'idée de la qualité formelle, est l'opposé de l'idée concrète des qualités sensorielles réalisées par une introduction soigneuse des éléments comme le visuel, le tactile, le thermique, l'olfactif.
Essayer d'observer l'environnement d'une manière plus avertie et d'améliorer la faculté de perception afin d'attraper chaque détail et sentiment, tel était l'enseignement proposé par le Bauhaus. Mais l'enseignement pratique basé sur une conception unitaire de formes et de couleurs a développé l'attitude passive.
L'excès de références sensorielles est identifié comme tentative d'améliorer les conditions de qualité de vie pour toute personne.
Dans la thèse plusieurs bâtiments modernes sont choisis pour la puissance expressive d'éléments "immatériels" et pour permettre d'autres discussions.


Bruno meurt le 28 mars 1975 et Adèle en 1996.


Correctif après vérification auprès de la National Geographic Society :
Dear Mr. Fabretti :
Thank you for writing to the National Geographic Society.
I regret that our Image Collection has no references to Bruno Fabretti as a contributor to National Geographic.
I am sorry that we could not help you in this instance.
M. R. Lamberton Research Correspondence
National Geographic Society 1145 17th Street N.W. Washington DC 20036, USA
Tél. : 202-857-7609 email : mlambert@ngs.org

Par Jean-Jacques FABRETTI - Publié dans : Cialiarût
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Dimanche 27 mai 2007
Briquet1.JPG Grâce au forum Bertotti, un coin du voile se lève sur l'énigme du briquet, seul objet de ma famille qui me soit parvenu.
"Salut, ce devrait être un briquet militaire fin 1800 début 1900, typique des ateliers austro-hongrois, naturellement pas pour de simples militaires mais des officiers (jamais eu de militaires dans tes ancêtres ?), même si certains, pour des actions particulières de valeur, étaient récompensés par l'armée royale avec de petits bijoux. Tu devrais demander à qui fréquente la zone frontalière pour en savoir un peu plus."
 

L'identité de l'Autriche, habitée dès l'âge de pierre, se forge au cours du temps par l'invasion celte, la fondation de Vienne et Salzbourg en 113 av JC par les Romains, l'installation des peuples germaniques du IVe au VIe siècle ; le territoire, intégré au Royaume Franc, devient sous Charlemagne en 996 "Osterreich" (Royaume d'Orient). Saccagé au Xe siècle par les Hongrois, il est reconstitué par Otton le Grand en 955.
Rattaché à la Bavière, duché héréditaire -capitale Vienne- il est divisé en 1246 en deux régions, l'Autriche et la Styrie. Le Roi de Bohème attaque mais est battu en 1278 par Rodolphe de Habsbourg, descendant d'une famille suisse-alsacienne, élu en 1273 Empereur du Saint Empire Germanique qui, en 1519 sous Charles Quint, comprend les Pays-Bas, Flandre, Artois, Franche-Comté, Aragon, Navarre, Sardaigne, Sicile, Naples, Castille, Amérique espagnole, plus en 1526 Bohème et Hongrie !
Réforme contre les protestants, guerre de trente ans (1618-1648), lutte contre les Turcs en 1529 et 1683.
Joseph II, Empereur en 1765, déclare Vienne seule capitale, fait de l'allemand la langue officielle, développe le commerce et les manufactures, abolit le servage, est tolérant envers les protestants, expulse les Jésuites.
Tchèques, Hongrois, Belges et Italiens se soulèvent. L'Autriche cède en 1805-1809 la Vénétie, Trieste, la Dalmatie, la Croatie à la France, le Tyrol, le Trentin à la Bavière, mais retrouve en 1815 le Tyrol, Salzbourg, la Lombardie, la Vénétie.
En 1806, sous la pression de Napoléon 1er, les Habsbourg changent le titre symbolique d'Empereur du Saint Empire Romain Germanique en Empereur d'Autriche, et recouvrent les possessions héréditaires d'Europe Centrale sur lesquelles ils exercent une autorité réelle.
Le 8 février 1867, l'Empire Autrichien cède la place à une double monarchie austro-hongroise, nouvel état appelé Autriche-Hongrie, union de deux pays indépendants, l'Empire Autrichien proprement dit et le Royaume de Hongrie, simplement unis par allégeance à un même souverain, François-Joseph 1er, moins connu aujourd'hui que sa femme Elisabeth "Sissi", princesse bavaroise à l'opulente chevelure. Ainsi, la création de l'Autriche-Hongrie est l'aboutissement d'un très long processus historique qui débute au XIIIe siècle et permet à une famille issue du modeste château des Habsbourg en Suisse, de dominer toute l'Europe Centrale par de fructueuses alliances matrimoniales, régner sur les Pays-Bas, l'Espagne et ses colonies d'outre-mer pendant quelques décennies sous Charles Quint, Archiduc d'Autriche, Roi d'Espagne et Empereur d'Allemagne ! Après son règne tourmenté, les Habsbourg se recentrent sur leur combat traditionnel contre les Turcs qui menacent les peuples chrétiens du bassin du Danube.
En 1866, suite à la défaite de Sadowa face à la Prusse, l'Empereur renonce à ses dernières prétentions sur l'Allemagne et l'Italie. Il choisit de s'intéresser désormais à ses peuples, et, sous l'influence de sa femme sensible au charme des nobles hongrois, transforme ses états en une confédération bicéphale où Autrichiens de langue allemande et Hongrois se partagent le pouvoir sur le dos des Tchèques et Slaves du sud. Quelques mois après la signature, François-Joseph et Elisabeth ceignent à Budapest la couronne de Saint-Etienne, Saint-Patron et premier Roi de Hongrie.
La Hongrie devient royaume indépendant dénommé officiellement Transleithanie d'après la Leitha, rivière marquant la limite entre les deux nouvelles entités, avec, autour de sa capitale Pest (aujourd'hui Budapest) coeur de la Hongrie historique, la Croatie, Transylvanie, Slovaquie, la région polonaise de Cracovie. Les Hongrois de langue magyar représentent à peine la moitié de la population de cet ensemble très divers de Slaves, Allemands, Roumains, gitans, juifs, redevables à la Monarchie des Habsbourg de leur donner la préséance sur les autres minorités.
Le reste de l'Empire Autrichien devient la Cisleithanie, comprenant une majorité d'Allemands autour de Vienne et dans les monts Sudètes du nord de la Bohème, ainsi que de fortes minorités slaves et italiennes.
Les Tchèques, qui se réclament du prestigieux Royaume de Bohème, sont les grands perdants du compromis, mais conscients de l'avantage d'appartenir à un grand ensemble danubien, placent leurs espoirs dans l'avènement d'une triple monarchie.
Les nobles hongrois, ou magnats, bénéficient de privilèges et d'exemptions fiscales les dissuadant de toute ouverture démocratique en Transleithanie. Oublieux de la défaite de Sadowa, ils poussent François-Joseph à se rapprocher de l'Allemagne, voyant dans une alliance pangermaniste la meilleure garantie contre les revendications autonomistes des minorités slaves.
Les autres minorités ont l'espoir d'une évolution favorable de leur statut dans le cadre d'une fédération élargie, et les tensions s'apaisent durablement à l'intérieur de l'Empire. Par sa structure politique très souple, l'Autriche-Hongrie, précurseur de l'Europe actuelle, bénéficie pendant ses cinquante ans d'existence d'un immense rayonnement culturel et d'une expansion économique rapide. De Trieste à Cracovie, toute l'Europe Centrale en conserve la nostalgie dans son architecture comme dans son art de vivre.
Mais la double monarchie se fragilise par l'entêtement des magnats refusant tout nouveau compromis qui donnerait quelques droits aux Tchèques et autres Slaves.
L'Autriche-Hongrie s'effondre à l'issue de la Grande Guerre, suite à l'agitation des tchèques Tomas Masaryk et Édouard Benès, aux revendications territoriales de l'Italie et Roumanie, à l'animosité des dirigeants français à l'égard de la monarchie.
Invoquant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, le Président américain Woodrow Wilson et Georges Clemenceau Président du Conseil autorisent l'éclatement de la "Mitteleuropa" (Europe Centrale).
L'Autriche-Hongrie, forte de 50 millions d'habitants, avec une capitale rivale de Paris, Londres ou Berlin, cède la place à plusieurs états rivaux, arc-boutés sur le mythe de leur identité nationale, linguistique ou ethnique : Autriche, Hongrie, Roumanie, Tchécoslovaquie, Yougoslavie.
A l'exception de l'Empire, ces états se caractérisent par une aussi grande hétérogénéité de langues, cultures et religions que feu la double monarchie.


L'accendino -qui vient de mon père et...- cache toujours son secret.
Par Jean-Jacques FABRETTI - Publié dans : Cialiarût
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Jeudi 24 mai 2007
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Cette pièce de lin tissée en chevrons de 4 m x 1m10, d'un poids moyen de 23 mg/cm2, porte l'empreinte en négatif d'un cadavre humain d'1m82 torturé comme le prouvent le sang humain et le sérum coulant de blessures dues à un traumatisme grave et répété : traces de sang sur les poignets, barbe, front ; pommette droite et front tuméfiés, nez écorché, lèvre et joue enflées ; flagellation, crucifixion, clous, hémorragies. La partie droite du thorax présente entre les cinquième et sixième côtes la blessure d'un fer de lance romaine.
Dénudée, la victime, les poignets attachés au-dessus de la tête qui porte, exemple unique dans l'Histoire, une couronne d'épines posée avant la condamnation, provoquant l'hémorragie de la veine frontale, est flagellée 120 fois par 2 exécutants avec un flagrum constitué de 2 billes de plomb de 12 mm de diamètre reliées par une barrette de quelques cm.
Le nom de Nazareth n'existait pas mais Notzrot, celui d'une secte politico-religieuse dont les membres étaient des Nazaroi, au singulier Nazir : "prince, ceint d'une couronne".
Après la flagellation, on fait porter par le condamné, son épaisse tunique de laine remise, le patibulum (partie horizontale de la croix), alors que le staticulum ou stipes (partie verticale) est installé, calé dans un petit puits en ciment.
Simon de Cyrène, paysan, est contraint de le porter, pour aider Jésus, tombé sur le genou gauche et la face, à rester vivant jusqu'au Golgotha, lieu du supplice, colline pierreuse hors des murs nord de Jérusalem, où il est allongé dos sur le patibulum ; 2 clous de charpentier de 1 cm de coté sur 14-15 de long sont enfoncés dans les poignets, puis la poutre est encastrée dans le logement du stipes, les pieds, le gauche tordu sur le droit, fixés d'un seul clou ; aucune trace de cordes.
Tête tombant sur la poitrine, menton touchant le sternum, épaules déboîtées, bras étirés, tension artérielle chutant de 130 à 70, rythme cardiaque grimpant de 70 à 145, c'est l'asphyxie, thorax dilaté, grande perte de sang refluant au cerveau et défaillance du coeur. Jésus, le corps atrocement désarticulé, luttant pour respirer, suffoquant, inondé de sueur, reste conscient et parle. La mort advient subitement par arrêt cardiaque : "il lança un cri et expira". Un coup de lance est porté entre les cinquième et sixième côtes de la partie droite du thorax, transperçant le coeur, pour achever ou vérifier le décès.
Joseph d'Arymathie, membre du Sanhédrin (Cour Suprême juive composée de 70 juges), a demandé le corps, offert son propre tombeau dans un jardin d'oliviers et de palmiers sur la pente ouest du Golgotha, acheté le drap, et Nicodème apporté le natrum d'Egypte pour une momification rapide. Suivant le rituel hébraïque strict, ils posent le drap dans la niche, y déposent le Christ, replient le drap et couvrent d'aromates, aloes et myrrhe, pour empêcher la putréfaction.
Traces d'écritures autour du visage "Jésus Nazaréen" sur l'envers du tissu et sceaux d'authentification sur les liens.
A proximité, une citerne avec de lourdes planches et des clous anciens : les restes de la Croix.
Il n'y a pas d'empreinte au verso du linceul.
Elle n'est ni dessin, peinture, décalque, impression à chaud, intensification de la couleur, substance colorée, mais est due à la décomposition accélérée du lin, l'usure des fibrilles développée au fil des ans (environ 50 ans) au contact de la sueur par décomposition de la cellulose.
Le poids moyen de l'échantillon pour la datation au carbone 14 (Tucson, Oxford, Zurich) est de 43 mg/cm2 : l'analyse a été faite sur un prélèvement de restauration (raccommodage) !
La reconstitution expérimentale prouve que la datation avancée est fausse.

CHRONOLOGIE
66 Insurrection à Jérusalem chassant les Romains. Les Judéo-chrétiens s'enfuient par la Mer Morte et Qumran (Esséniens). Les Nazaréens d'Alep montrent à Jérôme "l'Evangile des Hébreux" en Araméen : le Suaire fut confié à l'Apôtre Pierre et caché à Qumran.
70 Révolte des Juifs que Titus réduit en esclavage : c'est la diaspora. Mise à sac.
Importance historique depuis le 1er siècle après la crucifixion.
135 Seconde révolte : Hadrien détruit tous les monuments, comble la vallée, enfouissant le Golgotha et le Sépulcre.
212 L'empreinte acheiropoïete, arrivée entre 66 et 170, est cachée à Edesse, en Turquie.
325 Constantin démolit le temple d'Hadrien, creuse la colline pour remettre au jour le Sépulcre vide, fait traduire du Syriaque et conserver de très anciens documents d'Edesse sur le Suaire.
560 Redécouverte du linceul à Edesse.
942-944 La ville est prise par les Arabes, puis par Constantinople qui négocie la relique.
Les traces d'un premier incendie prouvent qu'elle était conservée à Constantinople en 1150, 300 ans avant l'âge attribué par le carbone 14.
1151 La voient un abbé islandais, puis
1171 le Roi de Jérusalem, et
1204 un croisé lors de la mise à sac de la ville par la 4e croisade.
1300 Réapparition dans une famille française du Suaire, confié à Athènes aux Templiers, et parvenu à Marseille par Saint Jean d'Acre et Chypre. Lors du procès, ils furent accusés d'adorer un "visage barbu".
1349 Exposition dans la collégiale de Lirey.
1532 Second incendie : traces d'eau, de feu, et trous sur le Suaire dans son coffret de bois, argent, étain.
28 mai 1898 Secondo Pia en prend la première photo.

Les brûlures en forme de L prouvent que le Suaire de Constantinople est le Saint Suaire de Turin.
Les 59 espèces de pollens prélevés attestent sa présence et son passage à Jérusalem, près du Jourdain et de la Mer Morte, à Edesse (II-Xe siècles), Constantinople, au Piémont et à Chambéry.
16 août Fête du Saint Suaire.

(d'après Contre enquête sur le Saint Suaire de Maria Grazia Siliato)
Par Jean-Jacques FABRETTI - Publié dans : Cialiarût
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Lundi 14 mai 2007
Par son exceptionnel cursus, Ariodante est, avec Raffaele, le fleuron des FABRETTI :
Né le 1er octobre 1816 en Ombrie, terre riche de trois millénaires d'histoire (Étrusques, Romains, Chrétiens, Byzantins, Lombards), à Perugia où les Étrusques, maîtres es fortifications, ont construit la plus parfaite voûte parvenue jusqu'à nous.


LES ÉTRUSQUES
Entre les VIIIe et IIIe siècles av. J.-C., la civilisation étrusque brille de la plaine du Pô à la Campanie. Éducatrice de Rome, son héritière, on ne connaît pas avec certitude son origine. La langue, parlée seulement en Italie du nord et mer Egée, n'est pas indo-européenne, et l'écriture, de droite à gauche, a 26 signes. Artisanat raffiné -orfèvrerie- commerce actif, régime monarchique, ensevelissement des cadavres, calendrier lunaire...
Sa période de splendeur (VIIIe-Ve siècles), fut marquée par la création de villes confédérées au plan en damier.
Les Étrusques s'installent à Rome, fondent Capoue, contrôlent Bologne, la rive adriatique, les cols alpins, prennent pied en Corse, mais la victoire de la flotte grecque en -474 et l'invasion celte de -396, stoppent leur expansion.
PERUGIA
a fait briller au XIIIe siècle la renaissance des idéaux et des conceptions de la beauté, comme en témoignent le Palazzo dei Priori et la Fontana Maggiore au centre de la place, et conserve de splendides monuments : le Palais Communal (XIIIe-XVe siècles), la Cattedrale San Lorenzo (1345-1490)... L'université, fondée en 1308, était considérée comme l'une des meilleures d'Italie, et l'on y pratiquait déjà l'autopsie en 1366.
Ville à l'histoire mouvementée qui connut les vicissitudes de la Ombrie et la domination papale de 1535 à 1860, elle recèle telle l'arche étrusque de nombreux trésors : Galleria Nazionale, Museo Archeologico Nazionale dell Umbria...


Il suit, dans cette ville magnifique, des études classiques, l'histoire locale, l'archéologie, matières qui marqueront sa destinée, sympathise avec l'archéologue Giovanni Battista Vermiglioli et le spécialiste en langue grecque Antonio Mezzanotte, et en 1839 s'inscrit à la Faculté de Médecine de l'Université de Bologne où il obtient un Baccalauréat en 40 et une Licence de médecine vétérinaire en 41.
Il devient Vice-bibliothécaire communal en 1842, et se met à l'écriture de "Biografie dei capitani venturieri dell Umbria" (42-46).
En 1844 il épouse Filomena Ferretti -née en 1820- qui ne lui donnera pas de fils. La lignée Fabretti passerait-elle par un frère ?
Suppléant de Vermiglioli à la chaire d'Archéologie en 1846, il en est le Titulaire en 48.
Puis il adhère à la Carboneria, aux Giovine Italia.


LA CARBONERIA
Sous l'Empire Austro-Hongrois, le Congrès de Vienne de 1815 s'attache, pour protéger les trônes en place, à découper l'Italie en fonction de leurs intérêts. L'Empire possède le Trentin, l'Istrie, occupe la Lombardie, la Vénétie ; le reste de l'Italie est sous son hégémonie par de nombreux liens militaires et dynastiques.
L'opposition entre en clandestinité, participant au "Risorgimento" (le Sursaut 1816-1817), comme la Carboneria dont le but est d'abattre la monarchie et conquérir la liberté politique par le biais d'une constitution. Un carbonaro est un fabricant de charbon de bois des montagnes forestières d'Italie du Sud. Pendant l'occupation française du Royaume de Naples, de nombreux irréguliers les rejoignent pour y être en sécurité et mener leur combat.
Organisation politique née en 1806, elle rassemble de grands noms comme Giuseppe Garibaldi. Devant respecter la plus haute discrétion, ses membres -libéraux modérés, constitutionnalistes et légalistes- utilisent les noms et expressions des travailleurs des mines de charbon, d'où son nom. Durant l'été 1820, à Naples, ils se soulèvent mais la révolte échoue et le mouvement disparaît après les répressions d'octobre 1820.
GIOVINE ITALIA
Giuseppe Mazzini (1805-1872), patriote et révolutionnaire italien, affirmant que "la patrie d'un Italien n'est ni Rome, ni Florence ou Milan, mais l'Italie tout entière", adhère à la Carboneria, ardent propagandiste des idées révolutionnaires et démocratiques. Poursuivi, il s'exile à Marseille où il écrit une lettre adressée au roi de Piémont-Sardaigne l'enjoignant à prendre la tête du mouvement national italien. Sa demande n'aboutissant pas, il fonde les journal et mouvement Giovine Italia. Déterminé à chasser les Autrichiens d'Italie, réaliser l'unité politique et installer la République, il se fait l'initiateur de l'action révolutionnaire, estimant que l'Italie peut s'unifier seule sans aide étrangère, rédige de nombreux ouvrages politiques, fait de "pensée et action" son slogan, réfléchit au concept de l'État : la "Troisième Rome", communauté morale devant guider les actes pour améliorer l'humanité, l'amener sur la voie du progrès et du bonheur, unie par des droits et devoirs communs.
Exilé à Londres, il demande au pape Pie IX de prendre la tête d'un mouvement émancipateur. Revenu en Italie, il tente de s'opposer à la proclamation du Royaume d'Italie en 1861 au profit de Victor-Emmanuel II, revendiquant toujours la République. Clandestin, emprisonné, libéré, il meurt à Pise.
Intègre, ascétique, il a vécu corps et âme à la réalisation de son projet.


En février 1849, élu Secrétaire de l'Assemblée Constituée de la République Romaine, il participe à la rédaction de la Constitution.
Emigré à Florence puis à Turin en 1850 , il est en 58 Assistant du Museo di Antichità, en 60 à la Chaire de Professeur d'Archéologie à l'Université, et l'Académie des Sciences l'accueille.
S'orientant vers le "social", il organise une "mutuelle" pour l'assistance des exilés nécessiteux (subventions, centre de réunion et d'échanges culturels, cantine, bibliothèque, service médical).


TURIN
Son histoire commence au IIIe siècle av. J.-C. le long du Pô avec les premières tribus "taurines", descendant de la fusion des celtoligures et des populations gauloises à la recherche de plaines cultivables. Jules César y fonde un "castrum", centre militaire au plan carré entouré de remparts, pour surveiller la frontière nord.
Porte principale des Alpes occidentales, à la chute de l'Empire, Turin passe sous domination des Goths, Lombards et Francs qui établissent un comté au VIIe siècle. Une longue période suit alternant jeux de forces batailles et alliances : Turin est concédée à l'Empereur de Savoie Frédéric II.
En 1404, fondation de l'Université. Début XVe siècle le Duc de Savoie en fait sa capitale qui, en 1536 devient française. Puis le Duc Emanuele Filiberto transfère son règne à Chambéry.
De 1620 à 30 les édifices prennent leur aspect actuel : Piazza Castello, Palais Royal, Palazzo Madama, Eglise de San Lorenzo, Cappella della SS. Sindone (chapelle du Saint-Suaire).
Mais cet essor est brusquement stoppé par une terrible épidémie de peste.
1706 écrit une page célèbre de son histoire : le siège des Français est rompu grâce aux troupes alliées autrichiennes et au sacrifice héroïque de Pietro Micca dans les galeries souterraines de la Citadelle.
La Basilique de Superga est érigée en signe de gratitude.


En 1863, affiliation à la Loge Maçonnique "Dante Alighieri" dont il devient Vénérable Maître. Membre du Conseil Suprême en 1875, il représente le lien entre la première génération maçonnique et la nouvelle, participant à la réforme de la Franc-Maçonnerie de la Ombrie.
 

FRANC-MAÇONNERIE
D'origine obscure, la franc-maçonnerie est l'héritière directe des confréries de bâtisseurs et tailleurs de pierre, formées sur les grands chantiers de cathédrales à partir du Xe siècle en Europe. Puis préoccupations ésotériques, notions d'humanisme, tolérance et philanthropie se font jour.
L'idéal de cette organisation philanthropique universelle, est l'amélioration matérielle, morale, intellectuelle et sociale de l'humanité, la lumière et la sagesse, la droiture et la bienfaisance.
Depuis l'origine du Grand Orient d'Italie, la loge "Dante Alighieri" est la plus importante de la Maçonnerie italienne.
Voici quelques membres :
Di Agostino De Pretis, futur Président du Conseil - le Député Francesco De Luca - Antonio Mordini, Ministre dei Lavori Pubblici - Saliceti, Armellini, Aurelio Saffi triumvirat de la République Romaine - Francesco Crispi (1818-1901), homme politique italien qui participa à l'expédition des Mille avec Garibaldi, chef de la gauche italienne, Ministre de l'Intérieur (1877), Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères (1877-1891) et Giuseppe Garibaldi (1807-1882) patriote italien dont les opinions l'obligent à s'expatrier en Amérique latine où il participe à la lutte du Brésil contre le Rio Grande et à la guerre entre l'Uruguay et l'Argentine. Rentré en Italie il forme à Milan un corps de volontaires pour participer au soulèvement contre la domination autrichienne.
Après de brillantes victoires sur les troupes du Roi de Naples pour Victor-Emmanuel, jugeant le gouvernement trop modéré, il monte deux expéditions pour rétablir Rome comme Capitale mais échoue.
Lors de la guerre de 1870, il apporte son concours aux républicains français à la tête des "Chemises rouges".
Il est élu Député de Rome en 1875.


Nouvelle période d'écriture : 1866, "Analogia delle antiche lingue italiche con la greca, la latina e coi dialetti viventi", et de 1867 à 1880, "Corpus inscriptionum italicarum antiquioris aevi", premier Corpus Inscriptionarum des langues d'Italie.
D'assistant, il devient Directeur du Museo di Antichità en 1873.
Il entre en 1876 à l'Accademia dei Lincei -fondée à Rome en 1603 pour l'étude des sciences naturelles, mathématiques et philosophie- et en 77 à l'Accademia della Crusca -fondée en 1582 à Florence par cinq membres de l'Académie Florentine, elle se donne pour objectif la purification du toscan qui s'impose comme modèle et la langue littéraire de la Renaissance italienne.
Deuxième épisode politique comme Député de 1876 à 80.
1878, nouvel ouvrage, "Mosaico di Acqui"
Puis, alternant avec la rédaction de "Gli scavi di Caru" en 79, "Regio museo di Torino, ordinato e descritto" en 82, "Necropoli della Cascinetta" en 85, "Documenti di storia perugina" et "Cronache della città di Perugia" de 1887 à 94, il est de 1878 à 94 Directeur du Museo Egizio, de 1880 à 83 Directeur de l'École Supérieure de la Faculté des Lettres et de Philosophie de l'Université, Directeur du Musée d'Antiquité, en 1883-86 Président de l'Académie des Sciences, de 86 à 91 vice-président, de 1882 à 88 et de 1891 à 94 Fondateur et Président de la Société d'Archéologie.


MUSÉE ÉGYPTIEN
Turin s'enorgueillit du musée égyptien le plus important au monde après celui du Caire.
Fondé en 1824 par le Roi de Sardaigne, le Museo Egizio est riche de 30 000 objets et documents sur l'histoire et la civilisation égyptiennes, l'art et la vie quotidienne aux temps des Pharaons, de la période pré dynastique (IV millénaire av. J.-C.), à l'Empire romain (31 av. J.-C.).
Jean-François Champollion séjourna à Turin pour étudier cette collection et en rédiger le premier catalogue.

 
Il fonde en 1883 la Société pour la Crémation et en est Président jusqu'en 1894, incinération légalisée en 1963 par le Pape Jean XXIII, Franc-Maçon...


SOCIÉTÉ POUR LA CRÉMATION
Le centre d'études Ariodante Fabretti, par ses recherches et consultants scientifiques, vise à devenir un point de référence pour tous ceux se consacrant aux sujets relatifs à la mort, et à l'histoire de la crémation dans le Monde.


En 1886 il est le Président du Congrès International des Américanistes qui "a pour objet de contribuer au progrès des études ethnographiques linguistiques et historiques relatives aux deux Amériques, spécialement pour les temps antérieurs à Christophe Colomb, et de mettre en rapport les personnes qui s'intéressent à ces études"
De nouveau en politique, Conseiller Municipal de Turin en 1887 et Sénateur du Royaume en 89.
Puis Membre, associé, correspondant de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de France, et de 1892 à sa mort, Directeur de la classe des Sciences Morales de l'Académie des Sciences.
Il meurt le 15 septembre 1894 dans sa villa de Monteu da Po -ou à Turin car ... "Dans les registres des actes de décès de cette commune n'est pas présent le signore FABRETTI Ariodante", Le Maire Laura Gastaldo- est incinéré, ses cendres envoyées à Perugia, sa ville natale où une rue porte son nom -comme à Monteu da Po, Rieti et Roma- à qui il lègue sa bibliothèque de 4500 volumes.
Ariodante fut bien un acteur primordial de son temps, un "fondamental" comme l'on dit aujourd'hui.



REMERCIEMENTS A :
Marco Novarino, Secrétaire Général de la Fondation Ariodante Fabretti pour la Crémation
Elena Borgi, Directrice de l'Accademiea delle Scienze : www.accademiadellescienze.it
Dr. Vittorio Gnocchini, Directeur des Archives Historiques du Grand Orient d'Italie : www.grandeoriente.it
La Direction du Musée Archéologique
Le Secrétariat du Président du Conseil Communal
Laura Gastaldo, Maire de Monteu da Po
... Pour avoir aimablement répondu à mes questions, et qui m'ont permis, par leur aide -recherches et publications- de finaliser cet article.
SOURCES :
- Google, WebEncyclo et Yahoo! Encyclopédie
- Thais, Musei Online, Archeoprovincia, Associazione internazionale di Archeologia Calssica, Centro Studi e Museo di Arte Preistorica, Etruscan Philology Online
- ENIT Ente Nazionale italiano per il Turismo, In Italy Online, Italia Viaggiare in Italia, ItalianVisits, ItalyCyberGuide, Le Regioni d'Italia, Comuni d'Italia, Umbria 2000 turismo, Argoweb et Italy Perugia guides, Archivio di Stato di Torino, Comune Torino, Turismo Torino.

Par j-j.fabretti - Publié dans : Cialiarût
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